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Miser sur la jeunesse – au Zimbabwe, l’agriculture intelligente face au climat est emmenée par les jeunes agriculteurs

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Les écoliers apprennent l’agriculture de conservation et appliquent ensuite cette méthode sur les parcelles.

© Springboard Nigeria

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L’Union des agriculteurs du Zimbabwe (Zimbabwe Farmers Union, ZFU) est convaincue qu'écoliers et étudiants peuvent être à la pointe de la sensibilisation au changement climatique et des efforts visant à en atténuer les effets. Le changement climatique constitue en effet une menace majeure pour la sécurité alimentaire dans la région.

« Les jeunes sont l'avenir de la sécurité alimentaire », affirme Prince Kuipa, économiste en chef à l'Union des agriculteurs du Zimbabwe (Zimbabwe Farmers Union, ZFU). Il explique ensuite que les jeunes apprennent vite et qu’ils sont ouverts et prêts à adopter des technologies et pratiques innovantes. « Au lieu de faire appel à des agriculteurs bien établis pour promouvoir l’agriculture intelligente face au climat (AIC), nous avons voulu former les agriculteurs de demain dans les écoles, poursuit-il. Les jeunes agriculteurs sont des agents du changement et ils peuvent inciter les agriculteurs déjà établis à abandonner les méthodes agricoles traditionnelles au profit de techniques AIC, qui améliorent l’adaptation au changement climatique. »

La ZFU , une organisation associative qui représente essentiellement des petits exploitants agricoles, a lancé un programme, le « Club des jeunes agriculteurs », une plateforme pour inciter les jeunes à se lancer dans l’AIC, et plus précisément dans l’agriculture de conservation. Des jeunes de 90 écoles de la province de Mashonaland East au Zimbabwe bénéficieront ainsi d’un programme de formation.

Avec le soutien de la ZFU, les établissements scolaires ont aménagé des parcelles de démonstration pour faire découvrir aux écoliers l’agriculture de conservation. Ceux-ci y apprennent les principes de cette méthode agricole et les appliquent ensuite sur les parcelles. Surtout, ils partagent ce qu’ils ont appris une fois rentrés chez eux. Un concours annuel est également organisé ; l’école lauréate organise une journée portes ouvertes lors de laquelle les élèves échangent leurs expériences.

L'agriculture de conservation utilise des techniques qui permettent de perturber le sol le moins possible et qui ont souvent recours à des bassins de plantation. Le sol est recouvert de déchets végétaux, de cultures intermédiaires ou d’autres matières organiques (le couvert). Les cultures – céréales et légumineuses par exemple – se font en rotation. L’agriculture de rotation enrichit et préserve le sol, mais aussi les agriculteurs.

M. Kuipa estime que la participation des jeunes agriculteurs et des écoles est une caractéristique inédite du projet. « “Misons sur les jeunes, au moment où ils sont les plus réceptifs”, c’est là notre mantra. En d’autres termes, nous devons les former à ces techniques tant qu’ils sont jeunes et donc capables de s’adapter aux nouvelles technologies, poursuit-il. Nous nous sommes rendu compte que les jeunes “agriculteurs” pouvaient influencer leurs parents. Ils sont donc des acteurs clés de la promotion de l’agriculture de conservation. »

Il ne suffit pas de faire simplement participer les jeunes. De nombreuses méthodes d'AIC, comme l'agriculture de conservation, sont très intensives en main-d’œuvre, ce qui a empêché leur adoption à grande échelle par les petits exploitants. M. Kuipa explique ensuite que la ZFU a donc également encouragé l'utilisation d'équipement à traction animale et d’herbicides pour lutter contre les mauvaises afin de réduire la charge de travail des petits exploitants qui pratiquent l’agriculture de conservation. Dans les zones couvertes par ce projet de la ZFU, les agriculteurs qui ont adopté ces techniques AIC ont enregistré des résultats positifs. Ils ont vu ainsi leurs rendements s’améliorer considérablement, surtout pendant la saison sèche.

En 2018, le Zimbabwe a mis en place trois politiques d’adaptation au changement climatique et d'atténuation de ses effets, dont une politique d’AIC pour promouvoir l’adaptation de pratiques agricoles résistantes au changement climatique, comme l’agriculture de conservation. Une politique climatique axée sur les enfants a aussi été développée afin de les sensibiliser aux pratiques respectueuses de l’environnement.

Cet article a été rédigé dans le cadre d’une initiative menée par le CTA visant à documenter et à partager les connaissances exploitables sur les approches agricoles efficaces pour l’agriculture des pays ACP. Il capitalise sur les connaissances, les enseignements et les expériences pratiques afin de documenter et d’orienter la mise en œuvre de projets axés sur l’agriculture pour le développement.

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