Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
Leading image

Pour de meilleurs rendements, e-Granary profite aux petits exploitants du Kenya

Blog

Les téléphones portables permettent d’offrir facilement des services de vulgarisation aux exploitants agricoles.

© Georgina Smith, CIAT

Blog

En 2017, une évaluation, menée par l’International Journal of innovative studies in Science and Engineering Technologies, au Kenya, a révélé que grâce aux TIC, les services de vulgarisation électronique pouvaient profiter à presque toute la communauté d’agriculteurs du pays, sans devoir recourir aux agents de vulgarisation.

Dans les pays en développement, la plupart des agriculteurs possèdent un téléphone portable, ce qui constitue une opportunité d’offrir des services de vulgarisation mobiles qui répondent à leurs principaux problèmes. De nombreuses technologies – SMS, messages vocaux, applications à installer et web – peuvent être combinées pour fournir aux petits exploitants une gamme variée de services de vulgarisation agricole.

Dans une tentative d’améliorer l’accès des petits exploitants kenyans aux services essentiels et leur utilisation de ceux-ci, la Eastern Africa Farmers' Federation (EAFF) propose des services consultatifs et d’e-vulgarisation agricole axés sur le marché à travers sa plateforme mobile e-Granary. Le CTA, l’Organisation panafricaine des agriculteurs (PAFO) et AgriCord soutiennent la coopération technique sud-sud au titre de cette plateforme depuis janvier 2018.

Le projet s’adresse à un groupe cible constitué de petits exploitants membres d’organisations nationales de l’EAFF, qui cultivent des céréales et des denrées de base pour leur marché domestique. Il s’articule autour de deux grands axes :

  • l’accès à des services de vulgarisation agricole via téléphone portable pour 10 000 petits exploitants (cumulativement) ;
  • le renforcement des capacités et la gestion des connaissances.

E-Granary bénéficie aux petits exploitants et aux fournisseurs de service

Pour pouvoir fournir des services e-Granary aux agriculteurs, l’EAFF a mis en place différents partenariats : pour les marchés, la finance et l’assurance des récoltes ainsi qu’avec différentes institutions gouvernementales pour l’amélioration des politiques.

Pour atteindre ses objectifs, l’EAFF a choisi d’utiliser le modèle e-Granary, qui offre :

  1. La garantie d’un marché pour les agriculteurs et les acheteurs. Le modèle offre aux agriculteurs de meilleurs prix pour leurs produits – 6 à 9 $ de plus par sac comparé aux courtiers.Les acheteurs sont assurés de la traçabilité des produits, tant en termes de qualité que de quantité, grâce à la localisation des lieux de collecte sur des cartes et à l’utilisation de GPS. En 2018, 150 423 agriculteurs se sont inscrits sur la plateforme, ce qui constitue une hausse considérable par rapport aux 28 905 de 2017.
  2. Des services financiers abordables aux agriculteurs. Via e-Granary, les agriculteurs inscrits peuvent accéder activement à des services d’e-vulgarisation et de formation sur les bonnes pratiques agricoles tout au long de la saison. Associés à des intrants subventionnés et à des conseils sur la gestion des nuisibles et des maladies, ces services se traduisent par une production accrue.Grâce à l’amélioration de leur rendements et à la durabilité de leur production, les compagnies d’assurance s’intéressent davantage aux petits exploitants et les sociétés financières sont plus enclines à leur octroyer des prêts.Grâce à e-Granary, les agriculteurs bénéficient non seulement d’assurances fondées sur un indice climatique, mais aussi d’une couverture multirisque pour leurs cultures, pour seulement 16,43 dollars par acre. En 2018, 4 694 petits exploitants ont bénéficié de services financiers, contre 2 400 en 2017.
  3. Du renforcement des capacités pour garantir que les agriculteurs comprennent les bonnes pratiques après récolte ainsi que les services et produits financiers et d’agronomie fournis par e-Granary. Cette activité est assurée à travers des formations individuelles, la fourniture de matériel éducatif, des émissions radiophoniques et des services d’e-vulgarisation.En 2018, 1 516 « formateurs de formateurs » ont été formés via e-Granary – principalement des dirigeants, responsables et représentants de groupes d’agriculteurs – en vue de retransmettre à leur tour les informations agricoles aux petits exploitants. Plus de 5 000 copies de documents éducatifs ont été distribuées aux agriculteurs et six émissions radiophoniques ont été diffusées sur les techniques de manutention après récolte pour le manioc, les haricots, le maïs et le soja – des produits majeurs sur e-Granary – et en matière d’éducation financière.Les services d’e-vulgarisation par téléphone portable utilisent les SMS et les messages vocaux pour communiquer aux agriculteurs des prévisions météorologiques, ainsi que des informations sur les marchés et les épidémies de maladie. Les agriculteurs inscrits peuvent ensuite rappeler et réécouter les messages et des spécialistes en agronomie répondent aux questions des petits exploitants via une assistance téléphonique/un centre d’appel. Pour s’inscrire, les agriculteurs composent le code USSD *492#.
  4. Les données collectées par les fournisseurs de services, qui peuvent les utiliser dans leur offre de services.Les informations sur la chaîne d’approvisionnement offertes par e-Granary ont permis à d’importantes agroentreprises, comme Export Trading Group (ETG), de collaborer avec des petits exploitants de manière systématique en alimentant leur chaîne d’approvisionnement logistique avec les informations récoltées sur la production.

« Je pense que cette technologie est cruciale dans le secteur de l’agriculture et offre de nombreuses opportunités. Elle permettra aussi d’améliorer les conditions de vie des populations, et en particulier des agriculteurs », a indiqué Nicola Bellomo, ambassadeur de l’Union européenne auprès du Rwanda, à l’occasion du lancement d’e-Granary en Afrique de l’Est, à Kigali (Rwanda), le 28 novembre 2018.

Diminution du taux de rejet grâce aux bonnes pratiques de manutention post-récolte

Autrefois, les agriculteurs étaient peu enclins à suivre les procédures de qualité après récolte. La plupart de leurs sacs étaient rejetés par les acheteurs, principalement en raison d’une teneur en humidité trop élevée et de la présence de céréales décolorées.

Grâce à e-Granary, des agriculteurs ont pu participer à des visites de centres de collecte pour mieux comprendre les exigences de qualité qui jusque-là les empêchaient d’accéder au marché. Depuis lors, le taux de rejet est passé de 30 à 5 %.

Pour l’avenir, l’EAFF évalue comment différencier ses services consultatifs mobiles et maximiser leur intérêt pour les agriculteurs. L’automatisation complète des services d’e-vulgarisation via la plateforme est en cours et l’EAFF entend continuer à impliquer des organismes gouvernementaux, des sociétés privées et des ONG comme partenaires du projet.

Une fois que les SMS d’information sur les cultures et les messages du serveur vocal interactif, basés sur la saison, seront disponibles au Kenya, le projet entend toucher 20 000 agriculteurs supplémentaires. Ces services seront ensuite déployés en Ouganda.

Une déclaration pour une meilleure utilisation des données ouvertes dans l’agriculture en Afrique de l’Ouest francophone

par , et

Les délégués des gouvernements des pays africains francophones se sont réunis pour discuter de l’importance des données ouvertes sur le développement économique et social.

Les données au service des décisions agricoles : l’exemple de la CAPAD, au Burundi

par , et

Le projet « Suivi des exploitations agricoles familiales au sein des coopératives membres de la CAPAD » financé par le CTA dans le cadre de l’initiative Data4Ag, a pour but d’améliorer les activités de valorisation et de commercialisation des produits agricoles à travers l’utilisation et l’expérimentation des technologies de l'information et de la communication (TIC) au service des producteurs membres de la CAPAD, au Burundi.

Une politique des données ouvertes pour stimuler la transformation de l’agriculture

par , et

Les données ne sont utiles que si elles sont accessibles et utilisées. Dans de nombreux pays, l'accès aux données se heurte malheureusement à l’absence de politiques des données ouvertes dans de nombreux secteurs économiques, y compris celui de l’agriculture.

Reproduire les réussites des organisations paysannes à plus grande échelle

par , et

En septembre 2019, le CTA a organisé un atelier de capitalisation d'expériences pour son programme de partenariat « Préparer la prochaine génération d’agriculteurs en Afrique », autour de quatre domaines d’impact : plaidoyer, chaîne de valeur, digitalisation et capitalisation.

Ne pas manquer l'opportunité de travailler avec CTA. Abbonez-vous maintenant!