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Promouvoir les incubateurs pour agripreneurs en Afrique – Enseignements du Nigéria

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WeHub entend inspirer et donner aux jeunes les moyens de résoudre les problèmes socio-économiques par la technologie.

© Wennovationhub

par Michael Sudarkasa et Wole Odetayo

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Les incubateurs/accélérateurs sont des initiatives nouvelles en Afrique, en particulier dans le secteur de l’agriculture. L’adoption de cette approche et ses impacts sont toujours en cours. Destinés à promouvoir l’emploi ou à lutter contre le chômage chez les jeunes, les incubateurs ont pour vocation d’aider des jeunes à créer leur entreprise – dès le tout début de la concrétisation de leur projet – et des entrepreneurs plus expérimentés à innover ou à développer plus rapidement leurs activités.

L’Afrique doit en grande partie l’adoption des incubateurs et accélérateurs à des entrepreneurs locaux qui ont décidé de travailler avec des micro-entreprises et des petites et moyennes entreprises. Ces entrepreneurs ont cherché à stimuler l’entrepreneuriat, dans un premier temps dans des secteurs fortement axés sur les technologies de l’information et de la communication (TIC), puis, plus récemment, dans l’agriculture et l’agribusiness.

Dans le secteur de l’agriculture, le Réseau africain des incubateurs d’entreprises agroalimentaires et la Global African Agribusiness Accelerator Platform sont deux nouvelles institutions destinées à promouvoir l’essor des incubateurs et des programmes de développement pour entreprises dans le secteur de l’agriculture et de l’agribusiness, dans l’ensemble de la chaîne de valeur. Le modèle de l’incubateur et accélérateur est en cours d’adoption dans le secteur de l’agriculture au Ghana, au Mali, au Nigéria et au Sénégal en Afrique occidentale ; en Éthiopie, au Kenya, en Ouganda et au Rwanda en Afrique orientale ; et en Afrique du Sud et en Zambie en Afrique australe.

Deux géants mondiaux des TIC, Facebook et Google, ont par exemple choisi de soutenir l’innovation au Nigéria. Ces 12 derniers mois, Facebook a lancé le Nigeria Hub à Lagos en collaboration avec le Co-Creation Hub, un incubateur nigérian pour entreprises technologiques, qui a reçu la visite de Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, en 2017. Parallèlement, le premier incubateur/accélérateur du Nigéria, Wennovation Hub (WeHub), est en passe devenir le leader de la promotion de l’esprit d’entreprise dans le pays le plus peuplé d’Afrique.

Créé en 2011, WeHub est un incubateur et accélérateur de start-up qui cherche à inspirer les entrepreneurs africains, à les mettre sur la voie de l’autonomie et à les aider à résoudre leurs problèmes socioéconomiques immédiats en s’appuyant sur la technologie et les ressources locales et à créer une communauté et des réseaux grâce à la collaboration. WeHub a, selon Wole Odetayo, l’un de ses fondateurs, formé plus de 6 000 jeunes et pris plus de 350 équipes sous son aile. WeHub compte désormais une trentaine de start-up dans son portefeuille d’investissement.

WeHub consacre 50 % environ de son budget à son programme « Agritech Incubation ». Après le lancement de son « AgriTech Initiative », en 2015, WeHub a lancé, en partenariat avec le CTA, le projet « AgriHack West Africa » dans trois pays en même temps - le Bénin, le Nigéria et le Togo. Les start-up de WeHub ont travaillé ensemble avec quelque 40 000 agriculteurs.

Quant aux facteurs clés de réussite, Wole Odetayo explique que WeHub croit à l’importance de différents aspects :

  • La clarté du modèle d’affaires – Chaque incubateur/accélérateur doit savoir clairement comment il compte s’y prendre pour pérenniser ses activités.
  • La construction d’un écosystème solide – La réussite dépend de la qualité des institutions et de la communauté des personnes amenées à apporter un soutien aux start-up (conseillers commerciaux, comptables, avocats, banquiers, spécialistes des techniques agricoles, coaches et mentors) dans le réseau de l’incubateur/accélérateur.
  • La rigueur des processus de sélection – étant donné que les ressources sont limitées, il est important de se montrer sélectif lors du choix des candidats. Les concours aident à remplir cette condition.
  • La qualité du programme – Une formation de qualité, des méthodes pédagogiques adaptables et du matériel pédagogique pertinent sont essentiels à la réussite du programme.
  • La mesure, le suivi et l’évaluation des impacts ainsi que le story-telling et la présence sur les médias sociaux – Il est crucial d’analyser les processus, les impacts et le feed-back pour pouvoir continuer à améliorer les programmes des incubateurs/accélérateurs. La présence sur les médias sociaux peut être utile pour promouvoir la progression des jeunes agripreneurs et favoriser leur soutien au sein de ces programmes.

Ces principes ont été validés grâce au feedback des entrepreneurs qui ont bénéficié de programmes d’incubation. Blessing Mene, fondateur de VetsArk, une start-up de technologie agricole basée au Nigéria, et qui a été l’un des premiers à être admis dans le Nigeria Hub de Facebook, explique quels ont été les facteurs les plus déterminants lorsqu’il a pris la décision de se porter candidat : sa volonté d’obtenir un financement ; l’expérience technique des intervenants (Co-Creation Hub, en l’espèce) ; les mentors très efficaces et très qualifiés qu’il était promis de faire intervenir dans le programme ; le palmarès et le prestige du programme ; les locaux et services, dont une connexion rapide à Internet.

Le principal atout des incubateurs/accélérateurs réside dans le fait qu’ils créent des emplois durables, un résultat dont les principaux bénéficiaires sont les gouvernements. L’emploi contribue à la paix socio-économique et fait rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat. Toutefois, de nombreux gouvernements africains sont des membres passifs des écosystèmes favorisant la création d’entreprises technologiques. Les organisations internationales de développement sont généralement plus actives, mais elles pourraient en faire davantage. Pérenniser les incubateurs/accélérateurs et améliorer leurs capacités est indispensable pour encourager davantage de jeunes à se lancer dans l’agriculture.

Cet article a été rédigé dans le cadre d’une initiative menée par le CTA visant à documenter et à partager les connaissances exploitables sur les approches agricoles efficaces pour l’agriculture des pays ACP. Il capitalise sur les connaissances, les enseignements et les expériences pratiques afin de documenter et d’orienter la mise en œuvre de projets axés sur l’agriculture pour le développement.

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