Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
Leading image

Reproduire les réussites des organisations paysannes à plus grande échelle

Blog

En septembre 2019, à Bruxelles, le CTA a organisé un atelier de capitalisation des expériences autour de quatre domaines d’impact : plaidoyer, chaîne de valeur, digitalisation et capitalisation.

© CTA

Blog

En septembre 2019, le CTA a organisé un atelier de capitalisation d'expériences pour son programme de partenariat « Préparer la prochaine génération d’agriculteurs en Afrique », autour de quatre domaines d’impact : plaidoyer, chaîne de valeur, digitalisation et capitalisation.

Le partenariat stratégique entre le CTA, l'Organisation panafricaine des producteurs agricoles (PAFO) et AgriCord a aidé les organisations paysannes (OP) régionales à diffuser à plus grande échelle les initiatives pour renforcer leur capacité de gestion, améliorer les services proposés aux membres et soutenir les entreprises dirigées par des agriculteurs. Trois thèmes clés du programme en ont fait un succès : la promotion de la digitalisation des OP et des entreprises dirigées par les agriculteurs, le développement des compétences entrepreneuriales et en agribusiness des agriculteurs, et le début d’un dialogue politique autour du développement des OP.

Le programme a également veillé à documenter les expériences afin d’examiner les succès, d’en tirer des enseignements et de créer des partenariats pour le futur. L'atelier de trois jours, organisé en septembre 2019 par le CTA, à Bruxelles, avait pour but de capitaliser les expériences des différents projets du programme et de rédiger une série d’études de cas afin d’informer d’autres professionnels du développement et de lancer des discussions en ligne. L’atelier a également produit une vidéo résumant les principales réalisations et formulant des recommandations pour l’avenir, sur la base d’entretiens approfondis avec le personnel en charge de la mise en œuvre, des décideurs et des dirigeants d’organisations agricoles.

« Le projet de la PAFO entend mettre en avant et promouvoir les pratiques mises en place par les producteurs afin de nous permettre de recueillir des données probantes pour influencer les politiques et argumenter nos efforts de plaidoyer », explique Sessi Akoha, responsable principal du suivi et de l’évaluation au sein du Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l'Afrique de l'Ouest (ROPPA). Le modèle économique des exploitations familiales est donc intégré dans les programmes. C’est là un succès dont nous nous réjouissons. »

Fatma Ben Rejeb, directrice générale de la PAFO, évoquant elle aussi la façon dont le programme Data4Ag a amélioré la visibilité des OP nationales et régionales, déclare : « Nous participons plus activement à la prise de décisions. Nous sommes désormais présents à l’échelon international, par le biais d'organisations de l'ONU comme la FAO et le FIDA, et d'organisations régionales comme l'UE. Ces organisations commencent à prendre en compte et à examiner les positions communes des agriculteurs africains. »

Le programme, pour influencer davantage la politique nationale et régionale et offrir des avantages aux agriculteurs membres des OP, a formé et soutenu huit organisations à l’adoption des TIC et à la collecte de données de leurs producteurs agricoles. En Ouganda, Igara Tea Factory (IGTF) a ainsi collaboré avec le CTA pour créer le profil digital de ses membres et géoréférencer leurs exploitations, une initiative qui a considérablement amélioré la gestion de l’OP et la cote de solvabilité de ses producteurs. Par exemple, grâce à la cartographie des exploitations, plus de 1 000 producteurs de thé de l'IGTF ont maintenant accès au crédit. A ce jour, le projet a enregistré 220 000 agriculteurs ; il a aussi formé 3 716 membres à l’exploitation des systèmes d'enregistrement de données et 16 400 autres à la gestion de données. Le projet continue à renforcer son impact. « Nous avons constaté que la gestion des données s’était améliorée dans les usines à thé avec lesquelles nous travaillons. Nous avons en effet essayé de reproduire ces activités dans d’autres usines de petites producteurs et entreprises agroalimentaires », se réjouit Hamlus Owoyesiga, administrateur réseau et systèmes chez IGTF.

La Confédération des associations de producteurs agricoles pour le développement (CAPAD), basée au Burundi, a elle aussi rejoint le programme pour améliorer ses services, au bénéfice des agriculteurs. Dans le cadre de ce programme, la CAPAD a aidé 39 coopératives de petits exploitants à procéder à l’enregistrement numérique de plus de 14 000 agriculteurs. Cette OP, en regroupant dans des profils les données sur les agriculteurs et leur exploitation, est parvenue à améliorer la planification saisonnière des exploitations agricoles et offrir à ses membres des services semenciers à prix réduit. « Nous avons pu acheter en vrac 5 000 sacs de 110 kg de semences de riz, et les coopératives de riz et de maïs ont également pu acheter en vrac les engrais dont elles avaient besoin », poursuit Annick Sezibera.

Au Cameroun, les activités du programme se sont davantage concentrées sur le développement des capacités des agricultrices dans le cadre de la PROPAC, la plateforme régionale des OP d'Afrique centrale. Les productrices membres de la SOCOOPMATPA – une OP spécialisée dans le manioc – ont ainsi pu développer leurs compétences entrepreneuriales, ce qui leur a permis d’améliorer la qualité de leurs produits à haute valeur ajoutée et de devenir ainsi plus compétitives sur le marché, explique Marie Joseph Medzeme Engama, coordinatrice de la PROPAC au Cameroun. Elle ajoute que des partenariats commerciaux ont depuis été établis entre les femmes et des hôtels et restaurants.

« Une approche de gestion des connaissances peut aider les organisations à analyser ces innovations et solutions et à les diffuser, de façon à ce qu’un plus grand nombre de producteurs puissent en bénéficier », souligne Jorge Chavez-Tafur, coordonnateur du projet Capitalisation des expériences au CTA. Il évoque notamment l'importance de documenter les résultats pour en étendre l’impact. « Nous pouvons toujours partager certaines de ces expériences afin d’éviter à d’autres organisations de réinventer la roue. Elles peuvent ainsi apprendre de nos expériences et faire appel à nous pour renforcer leurs capacités », affirme Elizabeth Nsimadala, présidente de la PAFO et de la Fédération des agriculteurs d'Afrique de l'Est (EAFF) en Ouganda.

« Le CTA entend à présent se désengager peu à peu pour que les organisations nationales et régionales puissent s’employer à diffuser ces initiatives à plus grande échelle », conclut Isolina Boto, responsable du bureau du CTA, à Bruxelles.

Emplacement:

Une déclaration pour une meilleure utilisation des données ouvertes dans l’agriculture en Afrique de l’Ouest francophone

par , et

Les délégués des gouvernements des pays africains francophones se sont réunis pour discuter de l’importance des données ouvertes sur le développement économique et social.

Les données au service des décisions agricoles : l’exemple de la CAPAD, au Burundi

par , et

Le projet « Suivi des exploitations agricoles familiales au sein des coopératives membres de la CAPAD » financé par le CTA dans le cadre de l’initiative Data4Ag, a pour but d’améliorer les activités de valorisation et de commercialisation des produits agricoles à travers l’utilisation et l’expérimentation des technologies de l'information et de la communication (TIC) au service des producteurs membres de la CAPAD, au Burundi.

Une politique des données ouvertes pour stimuler la transformation de l’agriculture

par , et

Les données ne sont utiles que si elles sont accessibles et utilisées. Dans de nombreux pays, l'accès aux données se heurte malheureusement à l’absence de politiques des données ouvertes dans de nombreux secteurs économiques, y compris celui de l’agriculture.

Profilage et drones au service de l'agriculture de précision

par , , et

Le CTA soutient via le projet Data4Ag des coopératives agricoles et organisations paysannes dans les pays ACP pour améliorer les services agricoles par la collecte et la gestion des données agricoles. Le projet AgriTIC, avec l’organisation FEPA/B au Burkina Faso, a débuté en 2017 et a déjà permis de recueillir les informations de 2 000 exploitations agricoles.

Ne pas manquer l'opportunité de travailler avec CTA. Abbonez-vous maintenant!