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Solutions innovantes et opportunités commerciales pour les organisations paysannes

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CTA, in partnership with PAFO, supported representatives from four farmers’ organisations to attend the SIA held during 24-28 February, 2019 in Paris

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Les innovations technologiques et les progrès de l'agriculture digitale se poursuivent à un rythme élévé, améliorant l’efficacité de l’agriculture à travers le monde. Le taux d’adoption des nouvelles technologies reste cependant peu élevé chez les petits exploitants agricoles. Le faible développement de l’infrastructure des données et le manque de partenariats commerciaux empêchent en effet les organisations paysannes de tirer parti des débouchés commerciaux.

L'initiative du CTA « Préparer la prochaine génération d'agriculteurs en Afrique » s’est fixé pour objectif d’aider certaines de ces organisations à renforcer leurs capacités dans le domaine de la gestion des systèmes agroalimentaires et à pénétrer sur les marchés, tout en les exposant davantage aux informations et aux innovations émergentes. Le CTA, en partenariat avec l’Organisation panafricaine des agriculteurs (PAFO), a financé la participation de représentants de quatre organisations paysannes au Salon international de l'agriculture (SIA) et au SIMA Paris, en février 2019 à Paris, en France. Cet événement a réuni des praticiens du secteur agroalimentaire du monde entier et a offert au CTA et à la délégation de la PAFO une plateforme de contact, de discussion et d’échanges avec des entreprises agroalimentaires internationales.

Des représentants de la Confédération des associations des producteurs agricoles pour le développement (CAPAD), de la Plateforme sous-régionale des organisations paysannes d'Afrique centrale (PROPAC), de la Fédération des professionnels agricoles du Burkina (FEPA/B) et de la Foire internationale de l'agriculture (FIA) de Madagascar étaient invités à Paris à la suite d’un atelier organisé en novembre 2018, autour du thème « Opportunités de soutien à la nouvelle génération d’agriculteurs offertes par un environnement politique favorable, l’accès à l’innovation et les possibilités commerciales ». Les organisations paysannes avaient alors rappelé que les agriculteurs devaient absolument avoir accès aux nouveaux marchés et aux technologies innovantes. « Interrogés à propos de leurs priorités en termes de développement, les agriculteurs ont cité le développement des entreprises, les opportunités commerciales et l'accès aux technologies numériques », explique Chris Addison, coordonnateur de programme Sr, Données pour l’agriculture (Data4Ag) du CTA, qui a accueilli la délégation de la PAFO.

Nouer des partenariats commerciaux

La participation au SIA et au SIMA a permis aux organisations paysannes d'explorer des pistes pour la négociation de partenariats commerciaux avec des entreprises internationales. Au total, les délégués ont établi des contacts avec plus de 40 entreprises agroalimentaires. Les participants ont aussi manifesté leur intérêt pour divers services de la chaîne de valeur agricole, depuis la production et la transformation jusqu’à la conservation et à la gestion des déchets. Il s’agit plus spécifiquement des services et des partenariats suivants :

  • Mécanisation : La CAPAD s'est montrée intéressée par l’équipement et le matériel agricole (semoirs, batteuses, mini-tracteurs, etc.) qui facilitent les opérations agricoles. Ses délégués se sont aussi informés sur le modèle CUMA (coopérative d'utilisation de matériel agricole), qui encourage les agriculteurs à partager le matériel agricole pour réduire les coûts.
  • Gestion des déchets agricoles : La CAPAD a pris contact avec la SOCOPA, spécialisée dans la transformation des déchets agricoles en biogaz et en aliments pour le bétail. La PROPAC a également noué des partenariats avec trois entreprises actives dans le domaine de la production de biogaz et de la fabrication de matériel d’irrigation.
  • Digitalisation de l'agriculture : Les délégués ont pu découvrir des solutions technologiques innovantes de surveillance et de suivi des exploitations agricoles (surveillance de la santé et de la fertilité des sols) ainsi que de nouvelles plateformes commerciales et de négociation en ligne. Un partenariat a été conclu avec la société de conseil SBC4D, qui a mis au point une plateforme pour faciliter l'accès à des informations améliorées sur les marchés.

La FEPA/B et ses partenaires (AgriTech, Espace Géomatique et Ferme Digitale) ont eu l’occasion de présenter à leur stand différents services, notamment l'utilisation de drones en agriculture, attirant ainsi un millier de visiteurs. La FEPA/B a également fait découvrir aux visiteurs un échantillon de produits (farine de maïs, poudre de moringa, mangue séchée et gingembre séché) fabriqués par des femmes et des jeunes de ses coopératives membres. Les visiteurs ont pu passer commande sur place.

Echanges avec les entreprises, apprentissage et partage d’expériences

Lors de leurs échanges avec des entreprises de matériel et d’équipement agricole, les délégués ont relayé les craintes des agriculteurs concernant la propriété de données. Une table ronde spécialisée « Agriculture augmentée : une réalité aujourd'hui et demain » leur a permis de discuter de ces questions avec des leaders du secteur, notamment ceux qui développent les applications Microsoft et Google. Leur participation à la table ronde était facilitée et arrangée grâce au réseau GODAN. Les délégués ont également découvert le concept des « dîners de l’agriculture » qui réunissent des agriculteurs de Belgique, de France, d'Allemagne et d'Italie pour leur permettre d’échanger des connaissances.

Des solutions innovantes davantage axées sur la demande

La délégation n’a pas seulement profité de ces opportunités d’échanges commerciaux et de contacts d’affaires. Elle a pris une nouvelle fois conscience de l’importance de développer des solutions innovantes qui répondent aux besoins des petits exploitants agricoles qui en sont membres. « Je suis venue au SIMA pour rencontrer des partenaires, nouer des relations avec eux, mais aussi pour identifier des innovations technologiques transposables en Afrique, en particulier dans les petites exploitations agricoles d’Afrique centrale dirigées par des femmes et des jeunes », explique Marie-J Medzeme Engama, spécialiste Chaîne de valeur à la PROPAC, au Cameroun. Pour Annick Sezibera, secrétaire exécutive de la CAPAD, basée au Burundi, un des messages clés à retenir de l’événement est la nécessité de renforcer les capacités des agriculteurs et de développer la collaboration entre les agriculteurs et les partenaires de l'innovation agricole afin d’adapter les solutions numériques innovantes et les nouveaux équipements agricoles aux différents contextes locaux dans leur pays.

« Les initiatives visant à améliorer les connaissances autochtones des agriculteurs doivent être soutenues, a ajouté Fatma Ben Rejeb, directrice générale de la PAFO. Je songe par exemple aux liens avec la recherche scientifique, les nouvelles technologies, les start-up ou le secteur privé. Mais notre priorité reste le développement de solutions innovantes répondant aux demandes et aux besoins des agriculteurs. »

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