Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
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Transformer les problèmes des chaînes de valeuren débouchés commerciaux

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Solo Niu! Coconut Oil Value Chain Stakeholder Map, in Solomon Islands

© CTA

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Jana Dietershagen, chargée technique, projet Systèmes alimentaires des îles du Pacifique au CTA explique pourquoi il est essentiel de dresser une cartographie de la chaîne de valeur et des parties prenantes et comment des approches ciblées de renforcement des capacités peuvent favoriser l’accès à la propriété.

Mary Jane Hou Kaikari, responsable des certifications au sein de l’Association des producteurs d’huile de noix de coco vierge des Iles Salomon (SIVCOPA), est l’une des sept leaders agricoles et experts du Pacifique ayant reçu une formation sur les méthodes et les outils d’optimisation des performances des organisations de producteurs (OPPO, Optimising the Performance of Producer Organisations) proposée le WCDI, aux Pays-Bas. A l’issue de la formation, le WCDI et le CTA ont apporté un soutien technique aux participants avec l’aide du Réseau des organisations de producteurs des îles du Pacifique (PIFON). Ce soutien avait pour but de leur permettre d’appliquer les outils d’OPPO et les enseignements qui en découlent et de mener des formations ciblées adaptées à la réalité locale. Le PIFON a également tenu compte des leçons tirées des activités régionales d’OPPO et a publié un guide révisé sur la chaîne de valeur.

Grâce à ce soutien technique, les participants ont également pu développer des modèles d’entreprise inclusifs reposant sur la participation active de leurs agriculteurs membres et d’autres parties prenantes de premier plan.

Depuis mai 2019, les sept « champions » de l’OPPO dans le Pacifique ont formé près de 1 750 personnes aux Fidji, à Kiribati, aux Iles Marshall, aux Samoa, aux Iles Salomon et aux Tonga, tout en contribuant au déploiement de cette approche dans toute la région du Pacifique grâce à des séminaires en ligne.

Mme Kaikari, après avoir adopté l’approche d’OPPO, a développé un nouveau modèle commercial pour permettre à son association de résoudre un problème entraînant une réduction de la demande d’exportation sur le marché de l’huile de noix de coco vierge (VCO) et transformer ce problème en débouché commercial. Face à la baisse du prix de la VCO sur le marché international, l’association a décidé d’exploiter de nouveaux débouchés sur le marché local. « Notre association compte 81 unités de traitement par micro-expulsion directe (DME, Direct Micro Expelling) réparties dans les neuf provinces des Iles Salomon, ainsi que de 1 311 fournisseurs de noix de coco. La méthode DME permet d’extraire de la VCO pure. Notre objectif est d’améliorer les moyens de subsistance dans les villages. Cela fait plus de dix ans que nous produisons de la VCO. Désormais, nous voulons augmenter nos revenus en produisant une gamme de produits à base de VCO à valeur ajoutée à destination des marchés intérieurs, tout en utilisant d’autres parties de la noix, habituellement gaspillées lors du processus de fabrication de l’huile. J’ai appris à élaborer un nouveau modèle commercial en appliquant les outils d’OPPO. Ce changement est difficile au début, mais lorsque j’ai bien saisi les différents concepts, tout est devenu facile, car les outils sont liés les uns aux autres », explique Mme Kaikari.

L’analyse de la chaîne de valeur et la cartographie des parties prenantes, deux outils essentiels

Une bonne connaissance des problèmes, des faiblesses et des atouts d’une chaîne de valeur spécifique permet d’identifier les activités génératrices de revenus. Ainsi, l’une des premières étapes à franchir pour parvenir à un modèle d’entreprise qui soit viable, susceptible d’intéresser les investisseurs et intégrant les agriculteurs, consiste à collecter des données et à analyser et cartographier les chaînes de valeur prioritaires et les systèmes de parties prenantes.

Réaliser une analyse exhaustive des chaînes de valeur et des parties prenantes permet de comprendre plusieurs éléments : les fluctuations des prix, les préférences des consommateurs, les exigences des négociants et des transformateurs, les mécanismes du marché, la meilleure façon de négocier et de marchander, la sensibilité relative à l’efficacité et aux coûts de production, la gestion de la qualité, le moment le plus opportun pour l’approvisionnement, l’importance de la collaboration et la coordination des activités de la chaîne, et la participation à l’élaboration des politiques et au travail de plaidoyer.

La visualisation finale des processus et des acteurs impliqués permet d’avoir une vision d’ensemble et de communiquer clairement à un large éventail d’acteurs les principales options disponibles pour améliorer leur positionnement dans la chaîne de valeur et les systèmes de marché. Les agriculteurs et leurs organisations, en participant à l’analyse des chaînes de valeur, sont également en mesure de mieux identifier leurs problèmes, faiblesses comme atouts, ainsi que les nouvelles activités génératrices de revenus.

L’association de Mme Kaikari peut mettre en avant la VCO et la proposer sur le marché local comme substitut à l’huile végétale importée, ce en mettant l’accent sur ses effets salutaires reconnus dans le monde entier. La réussite de ce modèle réside dans le fait que les traitements par DME sont réalisés par des unités familiales gérées par les agriculteurs et les membres de leur famille, avec l’aide d’autres villageois. La plupart des cocoteraies sont des propriétés familiales, dont la gestion est confiée à parts égales aux hommes et aux femmes. La plupart des agriculteurs qui proposent des traitements par DME appliquent des méthodes traditionnelles et biologiques et sont des producteurs spécialisés travaillant à plein temps. Les agriculteurs et les transformateurs de la SIVCOPA veillent à respecter les meilleures pratiques en matière de production afin de répondre de manière constante aux normes de qualité de l’huile évaluée et certifiée par la Communauté de la noix de coco d’Asie et du Pacifique (APCC). Ils sont formés pour produire et emballer les nouveaux produits à base de VCO destinés au marché local.

Une vision d’ensemble

Toutes les analyses de rentabilité élaborées par les anciens bénéficiaires des projets d’OPPO ont pour objectif d’améliorer la gouvernance, de consolider la collaboration et d’accroître la confiance entre les différents acteurs de la chaîne de valeur, en particulier entre les producteurs et les acheteurs, les producteurs et le gouvernement, les producteurs et les investisseurs, et entre les producteurs eux-mêmes, afin de renforcer les chaînes de valeur locales prioritaires et axées sur la nutrition. L’éventail des parties prenantes de la chaîne de valeur est illustré dans les sept cartes de la chaîne de valeur et des parties prenantes relatives à chaque cas soutenu dans le cadre du projet « Développer les filières locales pour améliorer la nutrition et les systèmes alimentaires durables dans les îles du Pacifique ».

« Ayant été familiarisée avec l’approche d’OPPO, je me sens désormais en mesure d’aider mon organisation à développer ce produit et à faire évoluer notre association de producteurs pour qu’elle puisse gérer ses propres activités et exercer une influence auprès du gouvernement et des autres parties prenantes », déclare Mme Kaikari.

Le projet, en proposant des formations interactives axées sur les connaissances et un apprentissage mixte par le biais d’un soutien technique (en ligne et hors ligne) au niveau individuel et organisationnel, et en favorisant la création d’un environnement politique et institutionnel adapté, contribue au renforcement des systèmes d’innovation agricole dans les Etats insulaires du Pacifique.

Des alliances en faveur de l’action : résilience et durabilité

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Pour développer des solutions durables aux problèmes du Pacifique et stimuler le sentiment d’appropriation des nouvelles politiques et stratégies, il est essentiel de faire émerger un consensus entre une vaste série d’acteurs. Tel était le message d’un événement organisé en marge de la Semaine de l’agriculture du Pacifique (PWA) 2019 sur le thème « Renforcer la résilience des systèmes agroalimentaires/nutritifs : vers des alliances régionales en faveur de l’action ».

Des partenariats en faveur du développement durable

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La deuxième édition de la Semaine de l’agriculture du Pacifique (PWA) porte sur la façon dont les partenariats dynamiques peuvent permettre de relever certains des défis majeurs du secteur agroalimentaire dans les petits Etats insulaires de la région. La Semaine de l’agriculture du Pacifique, organisée à Apia, aux Samoa du 30 septembre au 4 octobre 2019, s’articule en effet autour du thème « Partenariats renforcés en faveur de systèmes agricoles et forestiers durables dans le Pacifique  ».

Un appel pour une approche multisectorielle en faveur de systèmes alimentaires sains aux Fidji

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Lors du International Symposium on Understanding the Double Burden of Malnutrition for Effective Interventions, à Vienne (Autriche), en décembre 2018, les participants ont appelé à une approche multisectorielle afin d'améliorer les résultats nutritionnels aux Fidji, et plus largement dans le Pacifique.

Mapping value chains for healthier diets and higher revenues

A strategy to build efficient value chains in the Pacific region is expected to play a critical role in improving diets and revenues for island communities.

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