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Travailler avec les communautés pour faciliter leur accès au crédit

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Hiveonline est une plateforme digitale qui coopère avec des ONG, des commerçants et des institutions de microfinance afin de soutenir l’écosystème des petites entreprises.

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Hiveonline est une plateforme digitale qui instaure la confiance financière. Cette jeune start-up coopère avec des ONG, des commerçants et des institutions de microfinance afin de soutenir l’écosystème des petites entreprises. L’objectif est de contribuer au développement des communautés en leur donnant les moyens d’avoir accès au crédit et aux marchés. Entretien avec Sofie Blakstad, directrice et fondatrice de Hiveonline, pour évoquer son initiative et le rôle de la technologie de la « blockchain ».

Le problème : le coût du crédit

Sofie Blakstad a travaillé pendant de longues années dans des banques internationales, où elle avait constaté une injustice : « Les microentreprises représentent la moitié de l’économie mondiale mais elles se heurtent à des coûts trop élevés pour elles. Les petits entrepreneurs peinent en outre à avoir accès au crédit. » Les microentreprises comptent moins de 10 travailleurs mais elles assurent l’essentiel de l’activité commerciale en Afrique. « L’Afrique compte le pourcentage le plus élevé de microentreprises, sa population non bancarisée est la plus importante et elle enregistre aussi le taux de croissance démographique le plus élevé au monde. Les opportunités ne manquent donc pas ; cela ne fait donc aucun doute pour nous : ce continent est donc l’endroit idéal pour qui souhaite développer une entreprise », explique Sofie Blakstad.

La solution : une plateforme qui repose sur la réputation

hiveonline connecte des groups d’épargne et des micro-entreprises au système financier afin de réduire le coût des emprunts et les risques liés au crédit. Grâce à hiveonline, les emprunteurs enregistrent électroniquement leurs emprunts et leurs remboursements sur la blockchain. Au fil des remboursements, les emprunteurs améliorent leur réputation et leur note de solvabilité, collectivement – au niveau du groupe – et à titre individuel. Cette note, basée sur leur comportement financier, peut être partagée avec des prêteurs potentiels. « Cette plateforme repose sur la réputation et sur les opérations et les activités des emprunteurs. Les prêteurs ont ainsi la certitude qu’ils ont affaire à des entrepreneurs fiables, qui gèrent des entreprises solides et qui respectent leurs engagements, financiers ou autres », ajoute Sofie Blakstad.

L’application

hiveonline s’est intéressé à la technologie de la blockchain en tant qu’outil de soutien aux communautés. « Nous avons décidé d’utiliser la blockchain pour réduire la dépendance à l’égard des fournisseurs financiers traditionnels - les fournisseurs d’argent mobile et les banques, explique Sofie Blakstad. « Comme elle permet l’intégration d’un service d’argent mobile de pair à pair, nous avons compris qu’elle permettrait de limiter considérablement le coût des services de monnaie. Nous avons créé un mode hors-ligne pour les personnes qui n’ont qu’un accès restreint à internet ; cette application est conçue pour les personnes qui maîtrisent peu les nouvelles technologies et/ou qui ne savent pas lire ou écrire. Elle peut être utilisée sur n’importe quel appareil avec accès à un navigateur et est compatible avec le nouveau système d’exploitation KaiOS. Un téléphone portable simple fonctionne ainsi pratiquement comme un smartphone. »

Au début, ce système utilise l’argent liquide ; les utilisateurs apprennent ensuite à utiliser la monnaie électronique. « Nous commençons par familiariser les groupes à la comptabilité et à la notion de réputation, explique Sofie Blakstad. Nous leur présentons ensuite les services électroniques de prêt offerts par les institutions de microfinance et les banques. » hiveonline travaille actuellement en coopération avec des caisses villageoises d’épargne et de crédit, l’enregistrement de toutes les opérations étant confié à un secrétaire. Tous les membres ont un portefeuille électronique qu’ils seront appelés à gérer seul dans le futur.

hiveonline utilise Stellar, un protocole de paiement décentralisé et au code source ouvert fondé sur la blockchain. « Stellar est souvent utilisé dans le secteur de la microfinance car il permet de traiter des volumes importants moyennant de faibles coûts de transaction. Le protocole Stellar est particulièrement bien adapté aux régions où l’accès à internet laisse à désirer, il bénéficie aussi de la confiance de quelques banques. La structure fait l’objet d’un contrôle rigoureux au niveau des prix. La volatilité est assez faible. Nous avons développé un stablecoin, une crypto-monnaie stable qui réplique en permanence la valeur de la monnaie locale. Nous avons aussi créé deux tokens : un token de prêt et un share token. A mesure que la valeur du fonds augmente au fil du temps, les épargnants s’en voient restituer proportionnellement une partie en fin de cycle. »

Quelques conseils

Quels seraient les conseils de Sofie Blakstad à d’autres entrepreneurs envisageant de développer des solutions basées sur la blockchain ? « Il faut vraiment bien connaître votre clientèle et ne pas essayer d’imposer vos solutions. Les solutions doivent émaner de la base et répondre avant tout aux besoins de vos clients. Il faut aussi tenir compte du fait que la blockchain est une technologie qui évolue très rapidement et être confiant qu’elle offrira un jour encore plus de perspectives. »

Projets futurs

« Nous réalisons des études afin de déterminer comment des technologies comme celle de la blockchain peuvent contribuer à faire en sorte que les marchés financiers redirigent leurs liquidités vers les économies en développement, conclut Sofie Blakstad. Aujourd’hui, notre priorité est de renforcer l’équipe afin de pouvoir soutenir de nouveaux clients. » hiveonline, basé au Niger, se prépare à présent à s’étendre en Afrique du Sud, au Cameroun, en Ethiopie, au Ghana, au Kenya, au Mozambique, au Rwanda et en Tanzanie.

Cet article fait partie d'une série d'études de cas sur les applications blockchain pour l'agriculture, menée par l'Université de Wageningue pour le CTA. Retrouvez les autres études de cas sur cette page : https://www.cta.int/fr/blockchain.

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