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Une politique des données ouvertes pour stimuler la transformation de l’agriculture

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Assurer la sécurité alimentaire grâce à l’agriculture durable est une priorité mondiale : les données ouvertes, avec le soutien des gouvernements, sont un outil précieux pour atteindre cet objectif.

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Les données ne sont utiles que si elles sont accessibles et utilisées. Dans de nombreux pays, l'accès aux données se heurte malheureusement à l’absence de politiques des données ouvertes dans de nombreux secteurs économiques, y compris celui de l’agriculture.

Assurer la sécurité alimentaire grâce à l’agriculture durable est une priorité mondiale selon le deuxième objectif de développement durable (ODD) des Nations Unies, « Faim zéro ». La réalisation de l'objectif exige d’accroître durablement la productivité agricole, de créer des systèmes de production alimentaire plus résilients, et de mettre en place des marchés plus accessibles et plus équitables.

La collecte, l’accès, le partage et l’utilisation de données par différents acteurs du secteur agricole peuvent améliorer la prise de décision au niveau des exploitations avec davantage de moyens de subsistance pour les petits agriculteurs. Malheureusement, l’échange de données s’effectue traditionnellement d’une façon qui permet difficilement aux acteurs agricoles et aux organisations paysannes d’y avoir accès. Une volonté politique plus affirmée et un engagement financier s’imposent afin de permettre la formulation, la réglementation et la mise en œuvre de politiques et de pratiques de données ouvertes propices à une meilleure diffusion des données agricoles.

Le rôle des gouvernements dans la publication des données ouvertes

Les gouvernements peuvent soutenir les données ouvertes pour l’agriculture de différentes façons. Ils doivent s’assurer, avant toute chose, de l’exactitude des données gouvernementales, de les mettre à jour et de les publier en ligne en format ouvert. D’autres mesures sont également utilisées pour faciliter l’accès aux données ouvertes :

  1. Renforcer l’infrastructure technique à l’échelon national, pour faciliter l’accès de divers acteurs aux données ouvertes ;
  2. Développer les capacités de ces acteurs afin qu’ils soient en mesure d’utiliser les sources de données ouvertes ;
  3. Aider les infomédiaires – financiers ou autres – à utiliser les données agricoles pour créer des services et produits d’information pour le secteur ;
  4. Encourager la mise en place de partenariats public-privé afin de soutenir ces services et produits d’information
  5. Encourager d’autres parties prenantes (organismes de développement, chercheurs, secteur privé, etc.) à publier leurs propres données.

Les données ouvertes, une priorité pour le CTA et le Ghana

Une des priorités du projet Data4Ag du CTA est d’aider les organisations des pays ACP en charge de l’élaboration des politiques à élaborer des plans d’action, des stratégies et des réglementations pour la gestion des données agricoles des organisations paysannes. Depuis avril 2019, Wageningen Environmental Research, qui bénéficie à cette fin du financement du ministère néerlandais de l’Agriculture, de la nature et de la qualité alimentaire, collabore avec le CTA pour aider le ministère ghanéen de l’Alimentation et de l’agriculture (MoFA) à définir des objectifs de politique et à élaborer des plans afin d’accélérer l’ouverture des données agricoles gouvernementales. Ces activités et ce soutien ont été mis en œuvre dans le cadre du projet « Accelerating Open Data Policy for Agriculture »

Sur le continent africain, le Ghana figure parmi les pays à la pointe sur les données ouvertes. En 2012, le pays a lancé son portail des données ouvertes, mis en place au titre de l’Initiative ghanéenne pour les données ouvertes sous l’égide de l’Agence nationale des technologies de l’information (NITA). En 2017, le Ghana a organisé et accueilli la Conférence africaine sur les données ouvertes, facilitant ainsi des discussions sur les données ouvertes ainsi que sur les politiques et les partenariats public-privé dans ce domaine. La conférence a également examiné la contribution des politiques de données ouvertes dans la réalisation des ODD sur le continent.

Depuis cet événement, le MoFA consent beaucoup de ses efforts à moderniser l’agriculture fondée sur les données par le biais de sa stratégie et de ses activités dans le domaine de l’e-agriculture. Le programme d’e-agriculture du MoFA fournit des services d’information agricole rapides et efficaces en utilisant des données et des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour faciliter l’accès des agents de vulgarisation (du secteur public) et des agriculteurs du Ghana. En 2018, environ 677 000 agriculteurs s’étaient abonnés au service mis en place par cette initiative, et bénéficiaient ainsi de services de conseil mobiles.

Comment ces politiques de données ouvertes ont-elles vu le jour au Ghana ?

Les étapes suivantes ont été réalisées sous la direction de l’unité e-agriculture du MoFA. L’objectif était de formuler des propositions de politique pour le pays.

  1. Une évaluation régionale a été réalisée pour mieux cerner les lacunes de l’offre et de la demande de données ouvertes autour d’une série d’enjeux de politique ;
  2. Un exercice de cartographie a été réalisé en avril 2019 afin d’identifier les différents acteurs et parties prenantes qui ont besoin et utilisent des données agricoles dans le cadre de leur travail – au niveau des ministères, des ONG et du secteur privé ;
  3. En mai 2019, une réunion des parties prenantes a rassemblé 50 participants issus d’agences gouvernementales, d’organisations de la société civile, d’entreprises du secteur de l’agritech, d’organisations de développement international, des médias et d’autres organisations du secteur privé. Les consultations ont porté sur l’identification des besoins en données ouvertes et la définition des priorités dans ce domaine.
  4. Le MoFA a joué un rôle clé en lançant le groupe de référence du projet, composé des directions concernées du MoFA, du directeur en charge de l’e-transformation au sein de la NITA, du conseiller agricole des Pays-Bas pour l’Afrique de l’Ouest, d’Africa Open Data & Internet Research Foundation – une organisation locale sans but lucratif.
  5. Des réunions de projet ont abouti à l’élaboration conjointe d’un document de discussion stratégique du MoFA qui propose un objectif commun, quatre objectifs politiques à long terme et quatre plans d’action à court et à moyen terme pour faciliter la diffusion de données agricoles ouvertes.

Aller de l’avant

Dans de nombreux pays ACP, des discussions sur la politique des données ouvertes sont animées et lancées par des partenaires du développement et des bailleurs de fonds. Pour accélérer la transformation de l’agriculture, les gouvernements et les institutions qui en dépendent doivent comprendre le rôle des données ouvertes, mobiliser les ressources nécessaires et unir leurs forces en s’associant à des acteurs clés pour faire en sorte que les données soient considérées comme un bien public.

Le MoFA entend continuer le développement de politiques de données ouvertes afin de moderniser l’agriculture. Son document de discussion politique sera utilisé pour soutenir une série d’activités d’investissement et de planification stratégique, lancées par le MoFA et d’autres acteurs qui influencent la politique et les pratiques de données ouvertes au Ghana ; l’objectif est de parvenir à un consensus sur une déclaration commune de politique et un plan conjoint de mise en œuvre axés sur l’utilisation des données ouverte pour transformer le secteur agricole et alimentaire au Ghana.

Emplacement:

Une déclaration pour une meilleure utilisation des données ouvertes dans l’agriculture en Afrique de l’Ouest francophone

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Les délégués des gouvernements des pays africains francophones se sont réunis pour discuter de l’importance des données ouvertes sur le développement économique et social.

Les données au service des décisions agricoles : l’exemple de la CAPAD, au Burundi

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Le projet « Suivi des exploitations agricoles familiales au sein des coopératives membres de la CAPAD » financé par le CTA dans le cadre de l’initiative Data4Ag, a pour but d’améliorer les activités de valorisation et de commercialisation des produits agricoles à travers l’utilisation et l’expérimentation des technologies de l'information et de la communication (TIC) au service des producteurs membres de la CAPAD, au Burundi.

Reproduire les réussites des organisations paysannes à plus grande échelle

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En septembre 2019, le CTA a organisé un atelier de capitalisation d'expériences pour son programme de partenariat « Préparer la prochaine génération d’agriculteurs en Afrique », autour de quatre domaines d’impact : plaidoyer, chaîne de valeur, digitalisation et capitalisation.

Profilage et drones au service de l'agriculture de précision

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Le CTA soutient via le projet Data4Ag des coopératives agricoles et organisations paysannes dans les pays ACP pour améliorer les services agricoles par la collecte et la gestion des données agricoles. Le projet AgriTIC, avec l’organisation FEPA/B au Burkina Faso, a débuté en 2017 et a déjà permis de recueillir les informations de 2 000 exploitations agricoles.

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