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Une start-up nigériane fait accéder les petits exploitants au potentiel des grands marchés

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Foodlocker aide les petits exploitants à accéder à des marchés importants et très rémunérateurs.

© CTA

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Foodlocker, basée au Nigeria, était l’une des 11 start-up gérées par des femmes finalistes du concours Pitch AgriHack 2019 du CTA. Elle s’est finalement distinguée dans la catégorie « Plateforme avancée ». Cette entreprise aide les petits exploitants à accéder à des marchés importants et très rémunérateurs. Jennifer Okoduwa, cofondatrice, explique comment.

Tout le monde sait à quel point la rapidité est essentielle dans le monde des affaires mais, chez Foodlocker, nous l’avons réellement intégrée dans notre modèle opérationnel, car beaucoup de nos produits sont périssables.

Femi Aiki, l’autre cofondateur et PDG de l’entreprise, et moi-même avons tous les deux été grandi dans des exploitations agricoles au Nigéria. Adolescents, nous étions activement impliqués dans les activités de nos parents et comprenions les défis en termes d’accès au marché auxquels nous étions confrontés. Pour éviter les pertes de produits agricoles, nous étions contraints de vendre à des intermédiaires, nos marges étaient minces et nous ne récoltions jamais le juste fruit de nos efforts. Mais sans passer par ce canal, nous risquions de perdre près de 50 % de notre production.

Nous avons fondé Foodlocker en novembre 2017, mus par le désir d’exploiter les possibilités offertes par la technologie et la hausse de la demande de produits agricoles périssables et non périssables au Nigéria pour commercialiser la production des petits exploitants plus rapidement, plus efficacement et à un prix plus juste. Pour les consommateurs, notre ambition est d’offrir une gamme de denrées de qualité à travers un modèle commercial simple, pratique et basé sur l’approvisionnement local. En plus de produits frais comme des fruits, des légumes, des tubercules et des œufs, nous proposons aussi des aliments de base, comme des haricots, du riz, de la farine et de l’huile, ainsi que des snacks et des condiments.

Femi et moi-même avions déjà lancé une start-up en 2013. Après sa faillite en raison de son inadéquation au marché, Femi a repris les études et a suivi un master en Finance et entrepreneuriat. Pendant cette période, il a effectué un stage chez Infosys en Inde et a travaillé pour Amazon au Royaume-Uni en tant que responsable des opérations. Quant à moi, j’ai aussi travaillé au Royaume-Uni, chez Bunnings Warehouse, également en tant qu’administrateur des opérations.

De retour au Nigéria, nous avons mis en commun nos nouvelles compétences et avons examiné comment résoudre les déséquilibres entre la demande et l’offre dans le secteur alimentaire. Nous avons ensuite développé un modèle de distribution omnicanal. A la suite du lancement de notre site, nous avons ouvert une structure à Ibadan. Cette infrastructure, dotée d’un entrepôt et d’un centre de traitement des commandes orienté client, nous permet de consolider nos activités de vente au détail et en gros en une seule opération verticale.

Les clients peuvent commander en ligne, grâce à nos responsables de compte ou via une plateforme de commande par SMS qui sera déployée d’ici la fin de l’année. Nous garantissons la livraison dans les deux heures dans la région d’Ibadan, mais les clients qui le souhaitent peuvent venir chercher leur commande sur place. Comme nous sommes titulaires des droits de distribution de nos produits, nous pouvons les proposer à un prix défiant toute concurrence, tout en permettant aux agriculteurs de nous vendre directement leur production et d’être rémunérés équitablement. Notre approche d’optimisation de la demande et de l’offre est nouvelle au Nigéria. Elle répond à de nombreux problèmes de sécurité alimentaire en Afrique et nous pensons qu’elle permettra aux petits exploitants locaux de vendre leur production aux quatre coins du monde.

Renforcer la base de clients

En 2018 – notre première année complète de fonctionnement – nos ventes ont dépassé les 128 000 $. Cette année, nous pensons que notre chiffre d’affaires sera multiplié par 2,5. Nous pouvons compter sur plus de 1 200 clients et offrons un marché à plus de 600 petits exploitants. Actuellement, nous avons une équipe de neuf employés à temps plein et cinq à temps partiel.

Nos deux premières années d’activité n’ont cependant pas été exemptes de défis. En plus du financement du fonds de roulement et des actifs stratégiques, le recrutement est notre plus grande difficulté. Les fondateurs de Foodlocker et quelques investisseurs providentiels ont libéré un capital de démarrage de plus de 55 000 $. Nous sommes actuellement en train de mobiliser un million de dollars supplémentaire pour stimuler notre croissance et notre expansion sur des marchés de premier plan. Nous continuons de renforcer notre équipe – nos projets d’expansion dépendent en effet de notre capacité à attirer des collaborateurs très compétents.

Elargir nos opérations

Nous avons participé au concours Pitch AgriHack du CTA en vue d’élargir notre réseau et de nouer des liens avec des investisseurs et d’autres start-up. Nous avons aussi voulu profiter de cette compétition pour annoncer notre entrée sur la scène des technologies agricoles africaines.

Nous avons eu le plaisir d’être invités au Forum pour une révolution verte en Afrique à Accra (Ghana), du 3 au 6 septembre 2019, où s’est tenue la finale du Pitch AgriHack. Sur place, nous avons participé à un camp de formation intensive du CTA sur la préparation à l’investissement et avons eu plusieurs opportunités de mise en réseau. Nous avons également rencontré des partenaires clés, comme Syngenta, et présenté notre entreprise à des investisseurs en capital-risque, à des entrepreneurs, à des agences de développement et à des experts du secteur, ce qui, nous l’espérons, débouchera sur de nouvelles opportunités de partenariat. A l’issue de ces quatre journées très précieuses, nous avons remporté le prix « Analyse des données ».

Avec la récompense en espèces (10 000 €), nous continuerons à investir dans le fonds de roulement, les actifs stratégiques et les talents. Cela nous aidera à élargir nos opérations afin de mieux servir de plus gros clients et, en retour, d’accroître nos revenus. Nous prévoyons de lancer notre service dans d’autres régions du Nigéria, avant de nous étendre à d’autres pays d’Afrique et de développer des canaux de distribution en Europe et en Amérique.

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