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VALUE4HER : connecter les femmes à de nouveaux marchés

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La ratification prochaine de l’Accord de libre-échange continental africain (AfCFTA) devrait multiplier les opportunités commerciales pour les femmes.

© Fredrick Omondi

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L’initiative VALUE4HER a organisé, en juin 2019, une foire commerciale B2B à Nairobi, au Kenya, afin de promouvoir les interactions et la mise en relation entre agripreneuses africaines, investisseurs et partenaires commerciaux potentiels. Sabdiyo Dido revient sur les objectifs et les résultats de l'événement.

L’initiative VALUE4HER a été lancée en juillet 2018 par le CTA, en partenariat avec l'African Women Agribusiness Network Afrika (AWAN-Afrika) et l’Africa Women Entrepreneurship and Innovation Forum (AWIEF) pour la mise en œuvre. L'initiative entend doter les agripreneuses bénéficiaires de compétences, de connaissances et de savoir-faire, et favorise leur accès aux marchés pour les aider à développer leurs entreprises. En juin 2019, VALUE4HER a organisé son premier événement B2B afin d'offrir à des agripreneuses de 21 pays africains l'occasion de participer à des master classes et des hackathons et de pitcher leurs entreprises dans l’espoir de conclure des accords commerciaux régionaux et internationaux.

« Nous voulons donner aux femmes les moyens d’accéder à des 'maillons' plus rentables de la chaîne de valeur agricole. La plupart des femmes qui travaillent dans le secteur agricole sur le continent – et elles sont nombreuses – opèrent encore aux premiers maillons de la chaîne de valeur, où les gains et les bénéfices sont moins importants », explique Irene Ochem, fondatrice et PDG de l'AWIEF.

Les activités de mentorat et de formation organisées par VALUE4HER couvrent le branding et le conditionnement pour divers marchés, les méthodes visant à faciliter la traçabilité des produits afin de répondre aux exigences des marchés d'exportation et les institutions susceptibles d’octroyer un financement commercial. L'initiative est axée sur les femmes dont le chiffre d'affaires est supérieur à 20 000 US$. L'initiative coopère avec ces agripreneuses pour atteindre d'autres femmes travaillant dans des petites et moyennes entreprises, pour la plupart en zone rurale, auprès desquelles les agripreneuses s’approvisionnent généralement. Ainsi, à mesure que ces dernières développent leurs activités, elles contribuent à l’augmentation des bénéfices et des revenus des petites exploitations.

La ratification prochaine de l’Accord de libre-échange continental africain (AfCFTA), qui crée une zone de libre-échange avec 1,2 milliard personnes, devrait multiplier les opportunités commerciales pour les femmes. Grâce aux sessions de formation et de mise en relation, VALUE4HER aide et prépare les agripreneuses, généralement actives uniquement à l’intérieur des frontières de leur pays, à tirer parti du plus grand marché unique au monde – selon l’Organisation mondiale du commerce – et à se positionner sur de nouveaux marchés.

L'ouverture des frontières sur le continent offre de nouvelles opportunités aux femmes qui peuvent explorer des pistes innovantes pour mettre leur masse critique au service de la conquête de nouveaux marchés. L'initiative encourage donc les productrices à se regrouper en petits groupes en fonction de leurs spécialités, par exemple la production maraîchère, ce qui renforce leur pouvoir de négociation auprès des acheteurs potentiels.

Les formations offertes par VALUE4HER sont surtout axées sur les règles et les exigences applicables aux exportations dans certains pays et sur l’identification des lacunes du marché. « Des marchés sont en train d’émerger, par exemple la classe moyenne africaine, qui représente un potentiel de 350 millions US$ (315 millions €) selon la Banque africaine de développement, ou encore celui de la diaspora africaine. Ces deux catégories de consommateurs sont de plus en plus soucieuses de leur santé et elles sont prêtes à mettre le prix pour se procurer des produits de qualité et dont la sécurité sanitaire est garantie. C’est là un potentiel que nos agripreneuses doivent exploiter », a souligné Beatrice Gabuka de l'AWIEF lors de l'événement B2B.

Nouvelles connexions avec le marché

Afin d'aider les femmes à présenter leur entreprise, VALUE4HER a lancé une nouvelle plateforme numérique VALUE4HERConnect lors de l'événement B2B de juin. Ce marché en ligne, une première en Afrique, permet aux agripreneuses de créer des profils commerciaux et de vendre leurs produits, et favorise aussi l’apprentissage entre pairs. Au total, plus de 400 femmes s’y sont déjà inscrites. Cette plateforme inclut notamment un forum Women2Women qui permet aux femmes d’entrer en contact les unes avec les autres, de commercer et d'échanger des informations ; une liste des conditions que les produits doivent remplir sur les différents marchés et des informations sur les prestataires de services de toute la chaîne de valeur, notamment les prestataires de services de transport et de stockage.

Michael Sudarkasa, PDG de la société de conseil sud-africaine Africa Business Group, qui a participé à la conception et à la mise en œuvre de la plateforme, explique la philosophie qui sous-tend VALUE4HER. « Les femmes qui recherchent de nouveaux marchés doivent avoir accès à de nombreuses informations commerciales – normes de qualité, règlements phytosanitaires, protocoles commerciaux et aspects tarifaires. Nous avons voulu les regrouper sur une seule et même plateformer ». Et d’ajouter : « L’autre prérequis est qu’elles puissent identifier les acheteurs, ceux qui cherchent ou souhaitent s’approvisionner auprès des femmes et des jeunes, qu'il s'agisse de sociétés gouvernementales ou multinationales. En ce qui concerne les marchés publics, nous avons également voulu identifier les acheteurs institutionnels. Au Kenya par exemple, 30 % des marchés doivent être attribués aux femmes et aux jeunes. Nous avons donc voulu créer une plateforme accessible aux responsables des achats et des marchés et qui leur permet d’identifier facilement les fournisseurs potentiels. »

Yvonne Otieno est la fondatrice et la directrice de Miyonga Fresh Greens, une entreprise kenyane qui exporte des fruits frais et des fruits séchés. Elle ne tarit pas d’éloges sur l’événement B2B organisé par VALUE4HER, qui lui a offert de très nombreuses opportunités. « J'ai rencontré des investisseurs potentiels, trouvé de nouveaux marchés et étendu ma gamme de produits simplement en interagissant avec d’autres agripreneuses et en participant à la formation. » Elle souligne que depuis sa participation à la première formation de VALUE4HER, il y a un an, son entreprise est en plein essor. Une croissance considérable qui a déjà eu un impact sur les 5 000 agriculteurs auprès desquels elle s’approvisionne.

Réduire le fossé numérique entre les sexes et offrir des perspectives aux femmes dans le secteur de l’agriculture

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Les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont promues en tant qu’approche d’égalité des chances – mais l’accent n’est pas toujours mis sur les femmes. Plusieurs initiatives africaines mettent en avant le rôle clé que l’information et les connaissances peuvent jouer dans l’amélioration de la productivité agricole et de la rentabilité des exploitations agroalimentaires dirigées par les femmes.

Les réseaux numériques améliorent les perspectives financières des agripreneuses

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Alors que le secteur agricole pourrait garantir la sécurité alimentaire, les établissements financiers financent peu l’agriculture et les agriculteurs. Les agricultrices et les agripreneuses citent l’accès au financement comme leur principale difficulté. Nombre d’entre elles gèrent des exploitations informelles. De très nombreuses conditions sont nécessaires à l’expansion de leurs activités mais possibles à mettre en place.

Favoriser l’accès des agripreneuses à la finance : tenir compte du contexte global

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L’accès au financement est essentiel au développement des agro-entreprises africaines dirigées par des femmes, il leur permet d’être actives dans des filières agricoles lucratives. Cependant, de nombreux programmes qui visent à faciliter leur inclusion économique échouent. Deux études de cas montrent que l’adoption d’une approche holistique augmente les chances de fournir aux agripreneuses les services financiers dont elles ont besoin.

Femmes et agribusiness : le pouvoir du networking

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Les plateformes qui aident les femmes entrepreneures à nouer des relations peuvent jouer un rôle essentiel en les aidant à développer leurs compétences professionnelles, à surmonter les obstacles de l’accès aux marchés et au financement, et à réaliser des économies d’échelle. Tisser des liens avec d’autres agripreneurs – et avec des contacts professionnels plus expérimentés – peut faire toute la différence en termes de réussite ou d’échec, expliquent des responsables de l’agribusiness des pays ACP.

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