Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
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Vingt ans de publications sur les TIC au service de l’agriculture dans les pays ACP

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With increasing smartphones and internet connectivity in sub-Saharan Africa, mobile applications with audio-visual features are expected be the next game-changers in successfully delivering agri-extension services

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Personne n’avait prévu les changements ni les évolutions que susciteraient les technologies de l'information et de la communication (TIC) dans les systèmes agricoles traditionnels. Elles les complètent, voire les modifient totalement. Cet article, sur la base de presque 100 numéros du magazine du CTA "ICT Update", examine comment les TIC représentent maintenant l’agriculture moderne et ont stimulé l’accès aux informations agricoles ces 20 dernières années.

Le CTA a couvre le sujet des technologies de l'information et de la communication pour l’agriculture (TIC4Ag) dans ses magazines Spore et ICT Update, qui présentent le rôle des TIC dans la facilitation de l’accès aux informations et connaissances agricoles pour les agriculteurs des régions ACP. Une récente publication du CTA, Rapport sur la numérisation de l'agriculture africaine, 2018-2019, indique également que l’Afrique subsaharienne compte près de 400 solutions digitales et 33 millions d’agriculteurs enregistrés. Cependant, alors que cette révolution digitale continue de remodeler l’agriculture, il est important de se pencher sur le processus de l’intégration des TIC dans le secteur agricole.

ICT Update a souligné, depuis les débuts de sa parution, les effets positifs des TIC sur la fourniture de services de vulgarisation dans les communautés rurales. Ces technologies améliorent notamment l'accès aux marchés et à la finance, et aident les agriculteurs à s’adapter au changement climatique grâce à l’accès aux informations météorologiques.

Le pouvoir de la radio et des podcasts

Des articles de différents numéros d'ICT Update se sont penchés sur les avantages des programmes radiophoniques pour les communautés rurales – en particulier les communautés rurales africaines, qui ont accès à la vulgarisation agricole via la radio. Depuis début 2002, les émissions radiophoniques sont reconnues comme une source accessible et abordable d’informations agricoles, notamment sur l’alimentation du bétail et le contrôle de la mammite chez les vaches laitières kenyanes. Au fil des ans, la gamme de sujets couverts s’est élargie, incluant notamment des informations météorologiques et climatiques à destination des communautés rurales du Niger, la protection des forêts par les communautés autochtones du bassin du Congo, l'accès des agriculteurs à de nouveaux marchés grâce aux spots publicitaires, et l'adaptation au changement climatique au Malawi. La radio peut toujours être considérée comme un outil pertinent et efficace pour la fourniture de services de vulgarisation agricole en Afrique, en particulier pour les petits exploitants dotés de faibles compétences digitales.

A l’instar de la radio, les podcasts permettent de surmonter le manque de compétences digitales qui caractérise les communautés rurales en facilitant le flux d’informations audio en provenance des vulgarisateurs. L’utilité des podcasts dans l’agriculture et leur pertinence dans les pays ACP ont été reconnues dès 2004 par ICT Update. En 2007, par exemple, le numéro 37 se penchait sur l’utilisation des podcasts par la Trinidad and Tobago Computer Society pour informer ses membres des discussions tenues lors de divers événements. Le même numéro indiquait aussi que des éleveurs de Cajamarca, au Pérou, écoutaient des podcasts en dialecte local à propos de la culture du raisin, de l’élevage du bétail et de la production laitière.

Télécentres et services téléphoniques

Au début des années 2010, des politiques et stratégies relatives aux TIC ont été mises en place par des gouvernements africains afin de promouvoir l’utilisation des technologies dans les zones rurales. Comme l’explique le numéro 66, en 2011, le Community Information Centre du gouvernement ghanéen entendait installer des télécentres dans 100 districts ruraux. Dans le même temps, le gouvernement rwandais cherchait à implanter des télécentres dans chaque village – cet accès facilité à internet offrait ainsi aux entrepreneurs locaux la possibilité de commercialiser leur marchandise en ligne et de nouer des partenariats commerciaux. Cette évolution du mouvement des télécentres a aussi permis de développer les compétences digitales des communautés rurales du Botswana, du Kenya, d’Ouganda et de Zambie, avant qu’ils ne soient éclipsés par les téléphones portables.

Depuis l’an 2000, l’utilisation des téléphones portables en Afrique n’a cessé de progresser. Ils sont désormais presque indispensables pour envoyer et recevoir des informations en lien avec l’agriculture, notamment sur la météo, l’accès aux intrants et au crédit, et les prix des produits agricoles, qui permettent aux petits exploitants d’adopter des pratiques agricoles tournées vers les marchés. Les téléphones ont aussi offert aux agriculteurs des solutions de paiement simples et des informations transparentes sur les prix des marchés. Les applications mobiles avec des fonctionnalités audiovisuelles, alors que de plus en plus d’habitants d’Afrique subsaharienne ont accès à un smartphone et à une connexion internet, devraient être les prochains catalyseurs de changement dans la fourniture de services de vulgarisation agricole.

Analyse des données spatiales

En 2003, l’utilisation des technologies satellitaires en Afrique rurale visait à combler la fracture numérique en améliorant l’accès à internet. En 2010, l’objectif des technologies liées aux données spatiales, telles que les systèmes d’information géographique et la télédétection, a évolué pour se concentrer davantage sur la cartographie des exploitations et son application dans les pratiques agricoles, comme l’irrigation et le contrôle de la qualité des sols. Aujourd’hui, alors que les changements climatiques sont de plus en plus imprévisibles, la télédétection et les technologies satellitaires sont de plus en plus utilisées pour améliorer l’accès aux données météorologiques et pour concevoir des assurances agricoles indicielles fondées sur les données satellitaires afin d’aider les petits exploitants à mieux gérer les conséquences des chocs climatiques.

Technologies émergentes

De nouvelles technologies, notamment par la volonté des consommateurs d’utiliser les ressources de manière plus durable, trouvent leur place dans le secteur en pleine évolution de la D4Ag. Parmi les technologies émergentes, citons la blockchain, utilisée pour renforcer la transparence et la confiance dans les chaînes alimentaires, les applications de l’internet des objets, qui simplifient l’accès à la mécanisation de l’agriculture, et les drones, qui permettent de cartographier efficacement les exploitations et de surveiller l’apparition de nuisibles ou de maladies dans les cultures. L’avenir de l’agriculture dépend de sa transformation digitale et du potentiel des technologies à être mises à l’échelle, pour en accroître la portée.

Les données au service des décisions agricoles : l’exemple de la CAPAD, au Burundi

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Le projet « Suivi des exploitations agricoles familiales au sein des coopératives membres de la CAPAD » financé par le CTA dans le cadre de l’initiative Data4Ag, a pour but d’améliorer les activités de valorisation et de commercialisation des produits agricoles à travers l’utilisation et l’expérimentation des technologies de l'information et de la communication (TIC) au service des producteurs membres de la CAPAD, au Burundi.

L’expertise du CTA au service de la création d’un Conseil digital international pour l’alimentation et l’agriculture

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Une vaste consultation, impliquant notamment le CTA et d’autres parties prenantes, a abouti à l’élaboration d’une note conceptuelle concernant la création d’un Conseil digital international pour l’alimentation et l’agriculture. Une fois mis sur pied, le Conseil adressera des recommandations aux gouvernements et aux autres intervenants concernés pour leur permettre de tirer parti de l’immense potentiel que recèle la digitalisation pour le système agroalimentaire mondial.

Une politique des données ouvertes pour stimuler la transformation de l’agriculture

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Les données ne sont utiles que si elles sont accessibles et utilisées. Dans de nombreux pays, l'accès aux données se heurte malheureusement à l’absence de politiques des données ouvertes dans de nombreux secteurs économiques, y compris celui de l’agriculture.

Travailler avec les communautés pour faciliter leur accès au crédit

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Hiveonline est une plateforme digitale qui instaure la confiance financière. Cette jeune start-up coopère avec des ONG, des commerçants et des institutions de microfinance afin de soutenir l’écosystème des petites entreprises. L’objectif est de contribuer au développement des communautés en leur donnant les moyens d’avoir accès au crédit et aux marchés. Entretien avec Sofie Blakstad, directrice et fondatrice de Hiveonline, pour évoquer son initiative et le rôle de la technologie de la « blockchain ».

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