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Land LayBy, la blockchain en faveur de la transparence des droits fonciers

Thursday, 20 December 2018

par Jaclyn Bolt - Business innovator at Wageningen University and Research in the Netherlands

Depuis 2014, une organisation pionnière appelée Land LayBy développe des solutions d’acquisition de terres. Après un projet pilote fructueux au Kenya, Land LayBy a étendu ses services à l’Australie, au Ghana, ainsi qu’à Londres et New York. Nous nous sommes entretenus avec Raymond Kaniu, stratégiste en chef chez Land LayBy et principal auteur de leur livre blanc. Il nous parle du parcours de l’entreprise et de leur expérience avec la blockchain.

Le défi

Depuis des siècles, l’inégalité des droits fonciers engendre des disparités de revenus. Sans garanties adéquates, comme des terres, il est particulièrement difficile pour les petits exploitants d’obtenir des prêts auprès des banques locales. Au Kenya, les informations sur la propriété des terres sont traditionnellement détenues par un aîné du village, explique Raymond Kaniu : « Cette personne connaît généralement la région depuis longtemps et consigne qui est propriétaire de quoi dans un carnet ou mentalement. En cas de conflit, on fait appel à cet aîné. Bien sûr, ce processus est fragile et des circonstances imprévues, comme la mort, la maladie ou la guerre, menacent ces données. »

L’obtention officielle d’un titre de propriété d’une terre peut s’avérer fatigante, frustrante voire même dangereuse. Certains responsables gouvernementaux ou agences immobilières ont la réputation de produire de faux titres de propriété. La corruption est massive et affecte tant les entreprises locales que les investisseurs étrangers. « Beaucoup de fonds sont perdus, alors qu’ils pourraient être investis dans les terres. »

La solution

« Toutes les terres ne sont pas répertoriées officiellement. Notre solution vise à rendre la propriété foncière plus transparente en Afrique subsaharienne et dans d’autres pays en développement en enregistrant les propriétés. Notre technologie met en évidence les zones où l’on trouve de grands propriétaires terriens, ce qui contribue à la réflexion sur l’inégalité de la propriété foncière. Le choix de la blockchain nous nous a semblé évident. La blockchain nous aide à réaliser notre vision d’une propriété foncière plus transparente et abordable. » L’application respecte les procédures de la commission foncière locale et détaille l’historique des transactions relatives à la terre.

L’application

Land LayBy utilise un registre partagé basé sur Ethereum pour consigner les transactions foncières. Ces informations ne peuvent jamais être altérées, corrompues, contrefaites ou reproduites erronément. « Nous intégrons à l’application des informations légalement vérifiées à propos de terres dont l’historique est connu. Les utilisateurs peuvent ensuite accéder à la plateforme et ajouter des informations supplémentaires sur les parcelles. » Land LayBy vérifiera ces informations et indiquera ensuite que la terre est « certifiée LLL » (Land LayBy Listed).

« Une personne qui cherche à acheter une terre peut se connecter pour échanger avec le propriétaire actuel. Elle peut ainsi lui proposer d’acheter la parcelle ou de la lui louer pour la cultiver. » Chaque utilisateur peut paramétrer son compte pour choisir quels renseignements personnels partager.

Mise en œuvre

« Sur le plan technologique, nous avons conclu un partenariat avec Winjit, en Inde. Ils comprennent bien les défis liés aux pays en développement. Au Kenya, nous collaborons actuellement avec des propriétaires terriens, mais nous essayons aussi d’entrer en contact avec le ministère des ressources foncières, avec des organisations du secteur des technologies de l'information et de la communication, avec des associations paysannes et avec la taskforce du gouvernement kenyan sur la blockchain. De telles alliances sont essentielles pour aller de l’avant. »

Raymond Kaniu nous parle aussi de certains des défis rencontrés par Land LayBy. « La confiance a constitué un problème majeur. Les gens sont moins enclins à soutenir des entrepreneurs kenyans qu’occidentaux. Le deuxième défi était lié au travail avec des organisations gouvernementales, qui nous a obligé à subir de nombreux audits. Troisièmement, il a été difficile d’attirer les investisseurs. » Mais Land LayBy a élaboré des stratégies pour surmonter ces obstacles. « Qui ne voudrait pas se montrer transparent par rapport à ses terres ? La majeure partie de la richesse foncière est entre nos mains, mais nous devons trouver des moyens de formaliser les procédures et de les rendre plus transparentes. »

« Notre start-up en est à ses balbutiements et nous voulons interagir avec d’autres acteurs, apprendre d’eux et nous développer. C’est un défi, mais nous le savions avant de commencer. »

Un dernier conseil

« Il est facile d’aller dans le sens des rapports négatifs, mais les utilisateurs commencent vraiment à voir les bénéfices de notre application. Si vous voulez une technologie incorruptible, choisissez Land LayBy ! »

Cet article fait partie d'une série d'études de cas sur les applications blockchain pour l'agriculture, menée par l'Université de Wageningue pour le CTA. Retrouvez les autres études de cas sur cette page : https://www.cta.int/fr/blockchain.

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