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Le projet Vijabiz, un programme de mentorat pour les groupes de jeunes agripreneurs au Kenya

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Au Kenya, une entreprise sur quatre échoue avant la fin de sa deuxième année d’activité, la moitié ne survit pas au-delà de la cinquième. C’est une préoccupation pour un pays à la population très jeune et au taux de chômage élevé parmi les jeunes. Des entreprises agricoles viables pourraient contribuer à remédier à cette situation. Florissantes, les entreprises agricoles jouent un rôle crucial de création d’emploi, rendent l’agribusiness attrayant pour les jeunes et peuvent aider à réduire le chômage.

De nombreuses jeunes entreprises agricoles rencontrent de nombreuses obstacles défavorables à leur croissance, rentabilité et durabilité. C’est pourquoi une approche vigoureuse s'impose pour revitaliser et renforcer ces entreprises. Dans ce but, le projet Vijabiz a créé un programme combinant ateliers, apprentissage par les pairs et mentorat afin d’aider les entreprises menées par des jeunes sur la route du succès. Cette approche diversifiée soutient les jeunes entrepreneurs des comtés kényans de Nakuru et Kilifi qui tentent d’adapter, le plus rapidement possible, à leur cas des pratiques commerciales éprouvées, d’innover et de développer des activités dans les chaînes de valeur des céréales, des produits laitiers et de la pêche.

Vijabiz sélectionne ses mentors sur la base de critères prédéterminés en vue d’une adéquation optimale avec les entreprises dirigées par des jeunes. La fondation Ustadi, organisation kényane axée sur le développement des capacités, et le CTA ont lancé un appel d’offres et entrepris des démarches pour sélectionner deux organisations de mentorat. Africa Initiative for Rural Development et Planet Resource Africa, de l’université d’Egerton, ont été retenues pour dispenser les formations en entrepreneuriat à Kilifi et Nakuru. Le processus de mentorat a commencé en avril 2019 et devrait durer 12 mois.

Le mentorat est une relation dans laquelle une personne expérimentée ou spécialisée accompagne une personne de moindre expérience ou spécialisation. Le mentor, qui peut être plus âgé ou plus jeune que la personne prise en charge, doit posséder des compétences pertinentes. Afin d’améliorer le mentorat offert aux groupes de jeunes, Ustadi a adapté pour ses mentors les outils de l’initiative Start Your Own Business de l’Organisation internationale du travail (OIT) et des modules LEAP de l’organisation de développement néerlandaise SNV. Le personnel du projet a présenté aux mentors sélectionnés un passage en revue des objectifs du projet et des outils de mentorat. Les mentors ont ensuite rendu visite à la totalité des 163 groupes de jeunes et réalisé une évaluation initiale pour chacun d’entre eux. A partir de ces évaluations, les mentors ont élaboré des plans répondant aux besoins de chaque groupe qui sont maintenant en cours de mise en œuvre. Les mentors continueront leurs visites aux groupes afin de les conseiller sur les divers aspects du développement d’une entreprise dans leurs chaînes de valeur agricoles respectives.

Selon Eric Bosire, responsable de programmes pour Ustadi, les mentors mèneront des sessions individuelles interactives avec les groupes au moins une fois par mois. Ils travailleront avec les groupes pour les aider à créer des solutions adaptées aux spécificités locales. « Notre espoir est que ce processus de mentorat, couplé à une formation initiale en développement d’entreprise, dote ces jeunes des connaissances et compétences nécessaires pour gérer avec efficacité leurs entreprises agricoles », anticipe M. Bosire.

Même si le programme de mentorat est encore en phase de démarrage, il n’est pas épargné par les difficultés. Par exemple, tous les membres des groupes ne sont pas nécessairement disponibles lors des visites des mentors. Les membres qui parfois font l’impasse sur les sessions de mentorat ne retirent pas tous les bénéfices du programme. « Il arrive qu’une partie seulement des membres d’un groupe puisse assister à une session, et que ces mêmes personnes soient bien présentes à la session suivante. En raison de cette irrégularité, certains groupes ont du mal à agir dans la continuité des décisions prises lors des sessions de mentorat manquées », explique M. Bosire.

L’immensité de la région dans laquelle les groupes des deux comtés sont disséminés constitue un obstacle supplémentaire. Ainsi, certains groupes sont difficiles à atteindre, surtout ceux des zones où le mauvais état des routes les rend impraticables pendant la saison des pluies. De plus, le projet Vijabiz est confronté à la réalité de la dynamique de groupe. Certains groupes ne montrent pas toute la cohésion voulue. Les mentors passent du temps à aider ces groupes à résoudre des problèmes relationnels au lieu de leur offrir leur précieux support.

Le projet admet toutefois le caractère inévitable des différences en matière de décisions d’investissement et d’exploitation dans les entreprises. Les émotions et les relations pouvant déterminer le succès ou l’échec d'une nouvelle entreprise, il appartient aux mentors de gérer la dynamique de groupe.

Le projet Vijabiz espère évaluer l’efficacité du programme de mentorat en appliquant une version adaptée des outils de l’OIT et de SNV. Il s’agit notamment de juger de l’utilisation des divers outils nécessaires pour gérer un agribusiness florissant dans les chaînes de valeur respectives.

« Au terme du programme de mentorat, nous espérons que les groupes auront acquis le statut d’entités commerciales enregistrées, que les revenus de ces entreprises auront augmenté, qu’elles auront créé des opportunités d’emploi au bénéfice des jeunes, et que les entreprises elles-mêmes se seront développées », confie M. Bosire.

Des groupes de jeunes kenyans sélectionnés pour un nouveau projet de développement d’agro-entreprises

par et

Dans le cadre du projet conjoint du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) et de la fondation USTADI intitulé Vijabiz (L’autonomisation économique des jeunes par le biais de l’industrie agroalimentaire au Kenya), 166 groupes de jeunes ont été sélectionnés pour recevoir un soutien financier et renforcer leurs capacités. Au total, les groupes sélectionnés comptent 2 373 membres, autant de jeunes agriculteurs qui bénéficieront du projet mis en œuvre dans les comtés kenyans de Kilifi et de Nakuru entre 2018 et 2020.

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