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Mobiliser des fonds et la volonté politique pour lutter contre le changement climatique

Transformative action to avoid extreme effects of climate change.

Fijian Government

Wednesday, 14 November 2018 Mis à jour le Wednesday, 21 November 2018

par Olu Ajayi - Senior Programme Coordinator Agriculture & Climate Change

L'agriculture est au cœur des débats sur le changement climatique. La production alimentaire doit augmenter de 60 % d’ici à 2050, dans un contexte d’incertitudes et de changements climatiques, tandis que les rendements sont appelés à diminuer de plus de 10 % à l’échelle internationale avec l'impact des changements climatiques, surtout perceptible en Afrique et en Asie du Sud.

Accords agricoles

Les arguments en faveur du renforcement des investissements dans l’agriculture intelligente face au climat ont été mis en avant lors de divers forums internationaux sur le climat, tels que la Conférence des Parties, comme moyen permettant de promouvoir la transformation de l'agriculture et d’ouvrir la voie au renforcement des mesures climatiques dans le secteur de l’agriculture. Pourtant, moins de 5 % des efforts internationaux de financement de la lutte contre le changement climatique sont affectés au secteur agricole, contrairement à ce que prévoient les contributions déterminées au niveau national (CDN) adoptées en décembre 2015 lors de la COP21, au titre de l’accord de Paris. Les CDN traduisent les efforts consentis par chaque pays pour réduire les émissions nationales et s'adapter à l’impact du changement climatique. Les accords internationaux et la fixation d'objectifs n’ont donc pas débouché sur la création de nouvelles possibilités de financement de la lutte contre le changement climatique dans le secteur de l’agriculture. Davantage d’efforts sont à présent nécessaires pour assurer la mise en œuvre d'actions appropriées et inclusives pour concrétiser les décisions prises à l’échelon international.

L’impacts des investissements

L'accès aux connaissances et aux outils agricoles appropriés, favorisé par le biais des investissements, permet aux agriculteurs de s'adapter aux conséquences du changement climatique et de renforcer leur résilience, leur sécurité alimentaire et leurs moyens de subsistance. Les investissements dans l’action climatique au niveau du secteur agricole aident également les agriculteurs à atténuer l’impact du changement climatique. La formation aux pratiques agroforestières, par exemple, permet aux agriculteurs de contribuer à réduire les émissions par la séquestration du carbone et la fixation de l'azote pendant la croissance des arbres, tout en offrant aux petits exploitants diverses possibilités de génération de revenus.

Un projet de 4 millions €, financé par le Fonds pour l'environnement mondial dans les forêts de Cherangani Hills, dans la vallée du Rift, au Kenya - qui a également bénéficié d'une enveloppe supplémentaire de 437 000 € au titre du Programme des Nations Unies pour le développement - a formé 2 000 ménages aux techniques d’agroforesterie et de conservation forestière. L’adoption de ces pratiques a permis d’accroître la diversité du système de production local et a aidé les agriculteurs à diversifier leurs activités, en se lançant dans la production d’avocats et de café ainsi que dans la culture de boisés. La gestion communautaire des terres contribue par ailleurs à la protection des forêts et des espèces d’arbres.

La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) met clairement en avant une série d’arguments en faveur des investissements climatiques : chaque dollar (0,88 €) investi dans l'action climatique se traduit par une réduction des émissions de carbone de 68 kgC. En outre, chaque dollar investi dans des mesures d'anticipation au titre des initiatives de planification de la lutte contre le changement climatique permet, selon les estimations, d’économiser 7 $ (6,17 €) en coûts futurs d’aide d’urgence. Le soutien financier à l'action climatique dans le secteur de l’agriculture est donc essentiel pour atteindre les objectifs mondiaux d'adaptation et d'atténuation, et pour limiter l’impact du changement climatique sur les petits exploitants.

Collaboration pour une action transformatrice

Eviter les effets extrêmes du changement climatique par des actions concrètes

Eviter les effets extrêmes du changement climatique par des actions concrètes

Fijian Government

Lors des discussions mondiales sur le climat qui se sont tenues à Bonn, en novembre 2017, la COP 23 a adopté la décision 4/CP.23 pour la mise en œuvre de l’Action commune de Koronivia pour l’agriculture (KJWA). Les prochaines étapes d’action dans le domaine de l’agriculture au titre de la CCNUCC ont également été définies. La KJWA demande que l'Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique et l'Organe subsidiaire de mise en œuvre coopèrent en vue de traiter conjointement les questions en rapport avec le financement de l’agriculture dans l’optique de la lutte contre le changement climatique. Des ateliers et des réunions d’experts seront donc organisés avec les organismes internationaux de la COP afin de déterminer les modalités de l’action climatique requise, à savoir l'amélioration des systèmes de gestion de l'eau et du bétail en vue d’une agriculture durable, et de préciser comment ces actions seront mises en œuvre et évaluées.

Pour permettre aux pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique de bénéficier de la KJWA en identifiant les nouvelles possibilités de financement de la lutte contre le changement climatique, le CTA s’emploie depuis le début de l'année 2018 à examiner les progrès réalisés par 11 pays de la région en ce qui concerne la mise en œuvre de leurs CDN. Le CTA coopère ainsi avec des représentants des gouvernements nationaux et d'autres parties prenantes concernées pour examiner les progrès des initiatives en cours et prévues pour la mise en œuvre des CDN dans ces pays, en mettant l’accent sur le secteur agricole. Il examine en particulier les plans d'investissement nationaux pour mettre en avant des exemples de financement mixte du climat axé sur l’agriculture. Ces formules de financement mixte peuvent provenir de diverses sources, par exemple le Fonds vert pour le climat, régi par la COP et destiné à financer des projets de développement. Le CTA et ses partenaires examinent également les CDN des pays - et tout document politique connexe - pour identifier les lacunes possibles de la mise en œuvre, évaluer l’engagement des acteurs agricoles et renforcer les capacités des divers pays à élaborer des projets d'agriculture intelligente face au climat.

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Regrouper les connaissances autochtones et scientifiques pour renforcer l’adaptation au changement climatique

Le changement climatique constitue une menace majeure pour la sécurité alimentaire des populations rurales d’Afrique subsaharienne (ASS), où les conditions sont déjà très difficiles. La grande vulnérabilité des communautés rurales de la région s’explique surtout par le fait qu’elles dépendent de l'agriculture pluviale et des ressources naturelles.

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