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Préparer la prochaine génération d'agriculteurs en Afrique

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En facilitant l’intégration des agriculteurs dans les marchés et leur accès à l’information et aux dernières innovations, les organisations paysannes peuvent contribuer à stimuler l'emploi et à améliorer les revenus tout au long de la chaîne de valeur alimentaire, tout en favorisant une croissance plus inclusive.

Le partenariat entre l'Organisation panafricaine des agriculteurs (PAFO), AgriCord et le CTA, financé par la DGSI et le CTA, a lancé de nombreuses initiatives visant à renforcer la capacité de gestion des organisations paysannes, à améliorer les services offerts à leurs membres et à soutenir les entreprises dirigées par les agriculteurs en se concentrant sur trois grands volets :

  • La digitalisation des organisations paysannes et des entreprises dirigées par les agriculteurs ;
  • Le développement des compétences entrepreneuriales, afin d’améliorer l'accès au marché ;
  • L’instauration d’un dialogue au niveau politique pour soutenir le développement des organisations paysannes.

Ce partenariat entre la PAFO, le CTA et AgriCord s’emploie à identifier et à diffuser à grande échelle des modèles d'affaires efficaces, emmenés par les organisations paysannes. Il encourage l'utilisation des données et des technologies de l'information et de la communication par ces organisations, ainsi que la création d’entreprises et l’innovation tout en soutenant, en développant et en renforçant la capacité institutionnelle des organisations paysannes à gérer des entreprises agroalimentaires.

Projets clés

Les résultats du partenariat ont été examinés lors de l’atelier « Soutenir le renforcement des capacités des organisations paysannes africaines en améliorant les politiques, les technologies et les capacités » organisé à Bruxelles, 6-7 novembre 2018. L'événement a réuni des représentants d’entreprises agroalimentaires, dirigées par des agriculteurs, et d’organisations paysannes, ainsi que des décideurs, des partenaires au développement et des représentants du secteur financier. Trois thèmes y ont été examinés :

  • La digitalisation de l’agriculture et ses avantages pour les petits exploitants ;
  • La promotion du développement du secteur de l’agribusiness et le renforcement des compétences entrepreneuriales pour améliorer l'accès aux marchés ;
  • Les pistes pour l’avenir, en tirant les leçons des réussites et en formant des coalitions.

Les discussions sur la digitalisation se sont concentrées sur la croissance exponentielle des données dans le secteur de l’agriculture. Les intervenants ont notamment mis en avant tous les bénéfices que peuvent retirer les petits exploitants d’une gestion efficace de ces données. Les plates-formes mobiles numériques, par exemple, ont accéléré le processus de collecte et d’intégration des données et en ont réduit le coût, donnant ainsi accès aux agriculteurs à des informations précises sur les produits et les marchés, ce qui contribue à améliorer la résilience, les rendements et la rentabilité.

Les discussions ont également porté sur la nécessité, pour les organisations paysannes et les agriculteurs, de posséder des données et de disposer des capacités nécessaires pour améliorer les méthodes de collecte. Les intervenants ont insisté sur le fait que les organisations paysannes doivent disposer d’informations sur leurs membres pour leur offrir des services appropriés, se positionner stratégiquement sur les chaînes de valeur, mener des activités de plaidoyer et de lobbying, nouer des partenariats et utiliser des données pour améliorer leur capacité de négociation.

S’agissant du thème du développement de l’agribusiness, les participants ont examiné les stratégies visant à améliorer l'accès des petits producteurs au marché grâce à des produits à forte valeur ajoutée. Les discussions ont mis en avant la nécessité de promouvoir les liens entre les agriculteurs et un secteur privé dynamique qui peut leur fournir des intrants des infrastructures et des technologies agricoles pour la transformation et la distribution de leurs produits, des services financiers et des informations pertinentes sur l'agribusiness.

Recommandations et pistes pour l’avenir

Digitalisation :

  • Sensibiliser la communauté du développement à l'importance de la production et de la gestion de données par les agriculteurs.
  • Soutenir le renforcement des capacités dans le domaine juridique et de la propriété des données des agriculteurs.
  • Promouvoir la coordination multipartite de la collecte et de l’utilisation des données.
  • Déployer/diffuser à grande échelle les solutions numériques testées avec succès à l’échelle pilote et efficaces sur le terrain.
  • Organiser des échanges d'agriculteurs entre l’ Union européenne (UE) et l’Afrique afin que les agriculteurs africains puissent profiter des avancées numériques des Etats membres de l'UE.

Agribusiness et marchés :

  • Aider les organisations paysannes à saisir les opportunités offertes par le développement des échanges agricoles intrarégionaux/internationaux, en particulier pour les produits à forte valeur ajoutée.
  • Renforcer les capacités des organisations paysannes dans le domaine de l’agribusiness, en favorisant la coopération entre ces organisations et le secteur agroalimentaire.
  • Identifier les meilleurs pratiques en matière de financement mixte et renforcer les capacités dans le domaine financier.
  • Miser sur la certification, les innovations et l’offre d’incitants qui aident les organisations paysannes à atteindre un grand nombre de petits exploitants agricoles.
  • Des voyages d'étude et des événements de réseautage devraient être organisés afin de présenter des entreprises prospères et de faciliter l'accès aux technologies alimentaires. L’accent devrait être mis en particulier sur les initiatives menées par des jeunes et des femmes.
  • Soutenir les dialogues/forums nationaux, régionaux et internationaux pour favoriser le plaidoyer et les opportunités dans le domaine des politiques commerciales liées à l'exportation et au commerce international.

Au niveau politique :

  • Soutenir la visibilité et la participation des organisations paysannes aux dialogues sur les politiques publiques de haut niveau à l’échelle nationale et internationale (UE, parlements, groupements régionaux, etc.) afin de favoriser la mise en place de politiques commerciales, d'investissement et de subventions agricoles propices.

Prochaines étapes

Le représentant de la Commission européenne a appelé les organisations paysannes à participer à des événements clés pour montrer ce qu’elles peuvent faire et réaliser. Les décideurs politiques ont besoin de preuves attestant de l’incidence de ces organisations sur le terrain pour attirer des financements, rééquilibrer les avantages des différents acteurs de la chaîne de valeur et sortir les agriculteurs de la pauvreté. Il est nécessaire d'obtenir l'appui des gouvernements pour faire du développement des organisations paysannes une priorité politique et changer les agendas et les cadres politiques.

Un thème nouveau a été examiné lors de cet atelier, celui des possibilités que peuvent offrir les échanges entre les agriculteurs africains et européens, qui doivent permettre aux premiers d’exploiter l’expérience de l’UE en matière de soutien à l’agriculture. Des expériences menées actuellement ont été présentées.

Les conclusions de l’atelier ont souligné la nécessité de continuer à travailler dans les trois domaines identifiés et de promouvoir l'échange des meilleures pratiques et des leçons apprises entre les organisations paysannes d’Afrique. Des efforts seront consentis pour attirer des fonds supplémentaires afin de consolider et d’étendre les succès engrangés par les entreprises dirigées par des agriculteurs.

Pistes à envisager pour financer la numérisation au service de la transformation agricole

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La numérisation du secteur financier, ou fintech, a fait d’énormes progrès, avec notamment de nouvelles solutions de paiement comme l’argent mobile, qui contribuent à l’amélioration de l’inclusion financière. En dépit de ces avancées, l’agribusiness doit continuer à investir dans la digitalisation pour accroître la productivité et la valeur ajoutée et améliorer le stockage et la commercialisation de produits agricoles au bénéfice des petits agriculteurs et éleveurs.

Utilisation de la plateforme mobile e-Granary pour fournir des informations agricoles aux agriculteurs

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Grâce aux TIC, les petits agriculteurs ont désormais accès à des informations agricoles en temps réel pour améliorer leur production. Dans ce contexte, le CTA et AgriCord ont cofinancé un projet, lancé en 2018, par l'Organisation panafricaine des producteurs agricoles (PAFO), qui vise à fournir aux petits exploitants agricoles du Kenya l’accès à des services de vulgarisation et de conseil agricoles axés sur le marché, par le biais de la téléphonie mobile.

Mettre en avant les données et les droits des agriculteurs en matière de données pour stimuler l’agriculture

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L’agriculture numérique recèle un énorme potentiel pour le développement agricole et permet notamment de fournir aux agriculteurs les outils nécessaires pour stimuler leur productivité et leur rentabilité. Bien que les avantages de la numérisation soient nombreux, les petits producteurs ont l’impression de ne pas profiter de la valeur des données recueillies dans leurs exploitations.

Transformer l’agriculture à petite échelle grâce aux systèmes de données agricoles

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Au cours des trois dernières années, la numérisation de l'agriculture a été au cœur des interventions du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA). En témoigne « Data4Ag : Agricultural data systems to transform smallholder farming », un projet d’une durée de trois ans cofinancé par l'Organisation panafricaine des agriculteurs (PAFO) et AgriCord à hauteur de 1,2 million d’euros. Il vise la transformation de l’agriculture à petite échelle en encourageant la gestion et l’utilisation de données par les entreprises agroalimentaires.

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