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Assurance – sauver des vies, préserver les moyens de subsistance

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En Afrique, les changements climatiques et les régimes météo imprévisibles menacent les moyens de subsistance et la survie de dizaines de millions de petits agriculteurs, qui sont frappés de plein fouet si leurs cultures ne donnent rien ou si leur bétail meurt de faim. Un exemple : dans le nord du Kenya, des éleveurs ont perdu plus de 70 % de leur bétail à cause de la sécheresse en 2017. En Éthiopie, plus de 5 millions de personnes ont eu besoin d’aide alimentaire d’urgence et près de 2 millions de personnes ont été déplacées.

Pour empêcher ces catastrophes, il faut une panoplie de solutions, dont certaines sont décrites ci-dessus, par exemple l’adoption de variétés résistantes à la sécheresse, la création de filières plus robustes et l’accès à des conseils spécialisés et à des bulletins météo. L’assurance indicielle est un autre élément de plus en plus important pour améliorer la résilience au changement climatique.

L’assurance indicielle pour le bétail a été expérimentée pour la première fois en Afrique de l’Est, dans le nord du Kenya, en 2010. Deux ans plus tard, un dispositif similaire a été adopté en Éthiopie. Voici en deux mots le principe de fonctionnement de cette assurance. L’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI) analyse des images satellitaires fournies par la NASA pour déterminer à quel moment les stocks de fourrage ne sont plus suffisants et le bétail risque de mourir. Des indemnités sont versées dès que les stocks de fourrage sont inférieurs à un certain seuil, ce qui évite à des agents de la compagnie d’assurances de se rendre sur place pour constater si des animaux sont morts ou mourants.

Depuis son lancement en 2017, le projet CLI-MARK incite les éleveurs en Éthiopie et au Kenya à assurer leur bétail. Fruits de ces efforts, le nombre d’assurés a sensiblement augmenté en Éthiopie, passant de 707 éleveurs en 2016 à 2 942 éleveurs en 2017. Les acteurs essentiels de cette réussite sont les agents et courtiers d’assurances locaux, formés grâce à l’appui financier du CTA. « Le projet CLI-MARK a été extrêmement important pour nous », explique Getaneh Erena, courtier senior à la compagnie d’assurances OIC. « Le projet est arrivé à un moment critique, lorsque nous n’avions plus de sponsors et avions besoin d’aide. »

Au Kenya, les promoteurs du projet CLI-MARK ont travaillé en étroite collaboration avec la compagnie d’assurances Takaful. Habiba Jattan, qui élève du bétail à Isiolo, a bénéficié de cette assurance. En 2016, elle a assuré 16 bovins et 20 chèvres et a reçu une indemnité de 150 000 shillings (1 500 euros) lorsque les stocks de fourrages sont tombés sous un seuil fixé. On lui a demandé ce qu’elle ferait si la météo était favorable pendant plusieurs années et si elle ne recevait pas d’indemnité. Elle a répondu : « Je prendrais quand même l’assurance car j’ai eu beaucoup de chance de l’avoir. »

Le projet phare du CTA en Afrique australe, le projet d’agriculture intelligente face au climat, encourage les agriculteurs à assurer leurs cultures. Au Zimbabwe, le projet a bénéficié des services déjà fournis aux agriculteurs par la Zimbabwe Farmers Union (ZFU) et Econet Wireless. Ces organisations ont créé un produit remarquable, EcoFarmer Combo, que les agriculteurs paient 1 dollar par mois. Ce produit, qui fait dire que « le dollar fait des miracles », a trois composantes : une assurance obsèques, un éventail de services de la ZFU et une assurance météo indicielle. Au milieu de l’année 2018, l’aide du CTA a permis d’organiser 66 sessions de formation en 30 endroits pour promouvoir l’assurance. En juillet, plus de 10 725 agriculteurs avaient déjà souscrit à l’EcoFarmer Combo au Zimbabwe.

Un autre projet du CTA encourage des agriculteurs à s’assurer : le projet Services d’information ICT4Ag axés sur le marché et gérés par les utilisateurs (MUIIS). Les agriculteurs abonnés aux services MUIIS reçoivent des conseils et des alertes météo sur leur téléphone portable et peuvent contracter une assurance indicielle. Pour de nombreux abonnés, l’assurance est une composante essentielle de ces services. « Si je n’ai pas une bonne récolte de maïs à cause de la sécheresse, comme l’année passée, je serai indemnisée », explique Robinah Nasjamma, une agricultrice du district de Zirobwe. Pour elle, comme pour un nombre croissant d’autres agriculteurs, l’assurance indicielle devient un filet de sécurité important dans le combat pour s’adapter au changement climatique. 

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