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L’adaptation au changement climatique de l’élevage en Afrique de l’Est

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En Afrique de l’Est, la survie de quelque 20 millions d’éleveurs est menacée par des sécheresses de plus en plus fréquentes et intenses et par des régimes météorologiques imprévisibles. Les récentes sécheresses ont entamé la capacité d’adaptation des éleveurs si bien que chaque nouvelle sécheresse se transforme en catastrophe humanitaire.

« En cas de sécheresse grave, les gouvernements et les agences d’aide ont l’habitude d’intervenir à grand renfort de moyens », explique Thomas Were, qui gère le projet Climate, Livestock and Markets (CLI-MARK) dans le Nord du Kenya et le Sud de l’Éthiopie. « Cette approche n’a pas d’avenir. Nous, nous nous employons à améliorer la résilience des communautés d’éleveurs. »  

Le projet CLI-MARK, lancé en 2017 pour une durée de deux ans, comporte trois grands volets. L’un d’eux, dirigé par l’Institut international de la reconstruction rurale (IIRR), a été conçu pour mettre les éleveurs en relation avec les acheteurs finaux et encourager la création de nouvelles entreprises. « Le volet marketing de CLIMARK vise à réduire l’influence des courtiers et intermédiaires pour que les éleveurs obtiennent de meilleurs prix », explique Sabdiyo Dido Bashuna, conseillère technique senior du CTA pour les chaînes de valeur et agro-entreprises ». Les autres volets consistent à diffuser l’assurance pour le bétail à plus grande échelle et à communiquer aux éleveurs des bulletins météo en temps réel. On estime que ce projet aidera 100 000 éleveurs à devenir plus résilients au changement climatique.

Les communautés d’éleveurs doivent créer des entreprises plus prospères et plus résilientes, qui continuent à travailler même quand les temps sont durs. Dans ce but, le projet CLI-MARK améliore les compétences, les connaissances et les capacités organisationnelles de 80 entreprises de la filière élevage, dont huit opèrent sur cinq marchés kényans et huit autres, sur cinq marchés éthiopiens. La plupart de ces entreprises sont gérées par des femmes ou des jeunes. Le personnel des organisations qui gèrent les marchés a suivi des formations et a eu l’occasion de visiter d’autres marchés, des abattoirs et de grandes entreprises de la filière élevage.

En Éthiopie, les promoteurs du projet CLI-MARK ont établi de bonnes relations avec les services des exécutifs locaux, qui les ont aidés à identifier 40 entreprises de la filière élevage, dont la plupart étaient mal organisées et travaillaient à très petite échelle. Des membres du personnel des exécutifs locaux et cinq membres du personnel de chaque entreprise ont assisté à deux sessions de formation. « Le projet CLI-MARK nous a vraiment aidés », admet Garbole Jaldesa, secrétaire d’une entreprise d’achat de bétail dans le district d’Elwaye. « Auparavant, je ne savais pas vraiment comment m’y prendre pour estimer le prix d’un animal, mais maintenant, je peux le faire. Le projet CLI-MARK m’a aussi mis en relation avec quelques grandes entreprises. Je connais maintenant leurs exigences et nous négocions un accord. »

« La coopération entre les différents services des exécutifs locaux est bien meilleure qu’auparavant », constate Zerihun Lemma, Directeur de l’IIRR en Éthiopie. Il y a désormais un Comité de pilotage du marché du bétail dans les cinq districts participant au projet. Les promoteurs du projet ont créé un forum de marketing du bétail qui organise des réunions trimestrielles auxquelles participent des représentants des exécutifs locaux, des entreprises locales, les principaux acheteurs de bétail et des membres du personnel du projet CLI-MARK.

En partenariat avec l’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI), les promoteurs du projet CLI-MARK font activement la promotion de l’assurance indicielle pour bétail, décrite dans l'histoire Assurance – sauver des vies, préserver les moyens de subsistance. Des indemnités sont versées dès que les stocks de fourrage sont inférieurs à un certain seuil, ce qui évite à des agents de la compagnie d’assurances de se rendre sur place pour constater si des animaux sont morts ou mourants. Les éleveurs peuvent alors utiliser ces indemnités pour acheter du fourrage et, si possible, garder leurs animaux en vie. Le nombre d’éleveurs participant à ce programme a sensiblement augmenté grâce au soutien du CTA.

L’autre volet majeur du projet consiste en un système de bulletins météo basés sur les TIC. Une entreprise informatique kényane, Amfratech, compile les données fournies par aWhere, une société américaine spécialisée dans la gestion des données, pour diffuser des bulletins météo aux éleveurs et à des organisations participant à la gestion des pâturages. Ce service a d’abord été mis en œuvre à titre expérimental au Kenya. Depuis son lancement en novembre 2018, les partenaires du CTA, l’IIRR et le Kenyan Livestock Marketing Council (KLMC), ont entamé un programme de sensibilisation et espèrent que des dizaines de milliers d’éleveurs s’abonneront à ce service. Les bulletins météo en temps réel aideront les éleveurs à prendre des décisions cruciales sur la programmation de leurs migrations annuelles ainsi que sur le moment et l’endroit où vendre leur bétail.  

Assurance – sauver des vies, préserver les moyens de subsistance

En Afrique, les changements climatiques et les régimes météo imprévisibles menacent les moyens de subsistance et la survie de dizaines de millions de petits agriculteurs, qui sont frappés de plein fouet si leurs cultures ne donnent rien ou si leur bétail meurt de faim. Un exemple : dans le nord du Kenya, des éleveurs ont perdu plus de 70 % de leur bétail à cause de la sécheresse en 2017. En Éthiopie, plus de 5 millions de personnes ont eu besoin d’aide alimentaire d’urgence et près de 2 millions de personnes ont été déplacées.

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