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L’adaptation au changement climatique en Afrique australe

Impact story

Climat

D’ici la fin du projet phare du CTA en Afrique australe en 2020, près de 140  000 petits agriculteurs zambiens, zimbabwéens et malawiens devraient avoir adopté une série de stratégies intelligentes face au climat, qui les aideront à affronter les sécheresses et l’imprévisibilité de la météo. A la fin de la première année de mise en œuvre, près de 75 000 agriculteurs ont bénéficié de la panoplie de solutions d’agriculture intelligente face au climat.

Le projet « Déployer à plus grande échelle des solutions d’agriculture intelligente face au climat pour les agriculteurs et les éleveurs d’Afrique australe » comporte quatre grands volets. Il transmet des bulletins météo et des conseils agronomiques que les agriculteurs reçoivent sur leur téléphone portable. Les promoteurs du projet s’emploient également à encourager les agriculteurs à opter pour des variétés résistantes à la sécheresse et à contracter une assurance météo indicielle. Ils tentent aussi de les convaincre de combiner culture et élevage pour accroître la robustesse de leur exploitation, diversifier leurs moyens de subsistance, améliorer la qualité de leur sol et affronter les chocs climatiques.

En Zambie, les bras armés du projet sont les 331 agents de vulgarisation engagés par le ministère de l’Agriculture. « L’évolution des régimes de précipitation et les maladies du bétail sont nos plus grands défis », explique Grace Sohati, agent de vulgarisation au bureau de Mwachisompola, dans le district de Chibombo. « Le projet du CTA nous aide beaucoup, les agriculteurs et moi, à apprendre comment mieux faire face au changement climatique. »

Après la formation, près de 230 agriculteurs dépendant du bureau de Grace ont décidé de participer au projet. Depuis lors, elle est restée en contact étroit avec eux et organise des sessions de formation lors desquelles elle les encourage à choisir des variétés résistantes à la sécheresse, à tenir compte des SMS qu’ils reçoivent et à envisager de diversifier leurs cultures et de se lancer dans l’élevage.

La Zambian Open University (ZAOU), qui gère le projet en Zambie, a organisé douze foires aux semences, une dans chaque district du projet, pour améliorer la sensibilisation à l’utilisation de semences résistantes à la sécheresse. Ces foires ont offert une plateforme d’échange aux entreprises semencières commerciales, aux négociants agricoles, aux agents de vulgarisation et à plus de 800 agriculteurs. « Nous avons été très heureux d’y être invités », explique John Muzondiwa, représentant commercial technique de Pannar Seeds. « Ces événements sont un excellent moyen de rencontrer un grand nombre d’agriculteurs et de leur présenter des produits comme les variétés de maïs résistantes à la sécheresse. »

Des projets régionaux tels que celui-ci requièrent l’établissement de partenariats avec des organisations apportant leurs avantages comparatifs. En Zambie, ZAOU, MUSIKA Development Initiatives et Professional Insurance (PICZ), une organisation privée, dirigent les activités du projet. Au Zimbabwe, les principaux acteurs sont la Zimbabwe Farmers Union (ZFU) et l’entreprise de téléphonie Econet Wireless. Au Malawi, la National Smallholder Farmers Association dirige les travaux en collaboration avec le Département du changement climatique et des services météorologiques et la compagnie d’assurances NICO General Insurance.

Durant la première année du projet, quelque 75 000 petits agriculteurs ont été enregistrés. Plus de 48 000 agriculteurs ont commencé à recevoir des bulletins météo et des conseils par SMS. Quelque 8 000 agriculteurs ont reçu des informations sur des variétés résistantes à la sécheresse. Plus de 400 négociants agricoles ont été formés aux pratiques agricoles intelligentes face au climat.

Le projet doit en grande partie sa réussite à la collaboration entre le secteur public et le secteur privé, ainsi qu’aux spécialistes qui ont enrichi les connaissances sur l’agriculture intelligente face au climat. « Il était absolument crucial d’impliquer le secteur public et le secteur privé, admet Kolawole Udubote, directeur national du projet et doyen de la faculté d’agronomie de la ZAOU. Le gouvernement voit en nous un partenaire précieux, si bien que le projet inspire totalement confiance sur le plan politique. »

Les projets de développement vacillent souvent lorsque les donateurs s’en vont. « Nous voulons changer la donne », assure Oluyede Ajayi, coordonnateur senior du CTA du programme agriculture et changement climatique. « L’un des meilleurs moyens d’y parvenir est de proposer un dossier d’investissement bien ficelé aux partenaires qui étaient là avant le projet et qui seront là encore après. » Comme les entreprises privées participantes ont un intérêt financier dans la réussite du projet, il y a de bonnes chances qu’elles continuent à exercer leur influence au-delà de la durée de vie du projet. 

Assurance – sauver des vies, préserver les moyens de subsistance

En Afrique, les changements climatiques et les régimes météo imprévisibles menacent les moyens de subsistance et la survie de dizaines de millions de petits agriculteurs, qui sont frappés de plein fouet si leurs cultures ne donnent rien ou si leur bétail meurt de faim. Un exemple : dans le nord du Kenya, des éleveurs ont perdu plus de 70 % de leur bétail à cause de la sécheresse en 2017. En Éthiopie, plus de 5 millions de personnes ont eu besoin d’aide alimentaire d’urgence et près de 2 millions de personnes ont été déplacées.

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