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Doper les prix et la rentabilité sur le marché des céréales en Afrique de l’Ouest

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Les céréales sont une composante essentielle du régime alimentaire de la majorité de la population en Afrique de l’Ouest. Ce sont aussi les cultures de base de centaines de milliers de petits agriculteurs. Accroître les rendements et les ventes pourrait améliorer la sécurité alimentaire régionale et aider à lutter contre la faim. Toutefois, le manque d’informations fiables sur la situation du marché et la rentabilité nuit au bon fonctionnement de la filière céréales.

Pour résoudre ce problème, le CTA a lancé en février 2016 un service d’information sur le marché des céréales en partenariat avec l’ONG française RONGEAD et le Réseau ouest-africain des céréaliers (ROAC). Le développement et la mise en place du service ont été confiés à RONGEAD, dans le cadre d’un programme de sécurité alimentaire financé par l’Agence française de développement (AFD) via la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

« Pendant des années, les systèmes publics d’information sur les marchés ont servi à informer les responsables des politiques agricoles et pas nécessairement à répondre aux besoins directs des agriculteurs », explique Vincent Fautrel, coordinateur senior de programme du CTA chaînes de valeur agricoles. « L’idée de cette initiative était de s’inspirer de la réussite du service N’kalô mis au point par RONGEAD et d’aider le ROAC à développer pour ses membres un service d’information qui accorderait la priorité aux données qualitatives et aux analyses prospectives. »

Le service de conseil commercial N’kalô avait initialement été créé en 2009 pour recueillir et analyser des informations et les diffuser aux producteurs de noix de cajou au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Mali. RONGEAD a vite compris que les informations sur les prix ne suffisaient pas. Les agriculteurs avaient aussi besoin d’aide pour choisir le moment où vendre leurs récoltes.

Le projet a été étendu à d’autres cultures, comme le sésame, le maïs, l’oignon et l’igname, et a été mis en œuvre dans huit autres pays d’Afrique de l’Ouest. Avec l’appui du CTA, plus de 7 600 producteurs ont été formés et plus de 47 000 producteurs ont été informés, ce qui a entraîné une augmentation sensible des revenus des petits agriculteurs.

« Notre projet s’inspire du concept du service N’kalô et a déjà un impact significatif sur les négociants et les producteurs », déclare Vincent Fautrel. Le projet se concentre sur les quatre céréales principales d’Afrique de l’Ouest (le riz, le maïs, le millet et le sorgho) et est mis en œuvre au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée, au Mali, en Niger, au Sénégal et au Togo.

Comme N’kalô, le service propose des analyses détaillées des tendances commerciales et donne aux utilisateurs des prévisions à court terme et des conseils sur le moment idéal pour vendre leurs récoltes. Le CTA a financé la formation des analystes dans chaque pays où le projet est mené. Ces analystes transmettent leurs données et projections aux utilisateurs par SMS et un bulletin d’information régulièrement publié. Au total, 22 bulletins d’information ont été publiés durant la deuxième année du projet.

Le chiffre d’affaires des quelque 25,500 opérateurs qui utilisent le service par l’intermédiaire du ROAC a augmenté d’environ 280 000 € la première année du projet. Fin 2018, 2 652 personnes – la plupart des négociants en céréales – étaient abonnées à l’Economic Bulletin on Cereal Markets in West Africa publié dans le cadre du projet et proposant des analyses détaillées du marché des céréales. Ce périodique est désormais une référence pour de nombreuses organisations, dont l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM).

Le service N’kalô a d’abord été fourni gratuitement mais s’est révélé si efficace que les informations sont maintenant accessibles aux seuls abonnés. On estime que, grâce à ce service, les producteurs gagnent entre 25 et 100 € de plus par an. Le service proposé par le ROAC devrait remporter le même succès, même s’il reste à établir si ses recettes seront suffisantes pour garantir sa durabilité. 

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