Leading image

Explorer le pouvoir des drones au Rwanda

Impact story

Digitalisation

Lors d’une journée venteuse, dans la campagne vallonnée de la province du Nord, au Rwanda, Paul Tuyisingize observe le vol rapide d’un drone au-dessus de ses champs de blé, d’un air satisfait et émerveillé. « Je suis très content de ce projet », déclare-t-il, alors que le capteur multispectral de l’appareil recueille des informations sur l’état de ses cultures. « Je pense qu’il m’aidera à augmenter mes rendements. »

L’utilisation de systèmes aériens sans pilote (UAS, Unmanned Aerial Systems), ou drones, pourrait transformer le secteur agricole. Ces engins sont déjà largement utilisés dans les grandes propriétés, pour cartographier les limites des exploitations, inventorier les cultures et mesurer l’évolution de la biomasse. Désormais, nous commençons à comprendre comment ils pourraient aider les petits exploitants à accroître leurs rendements et à améliorer leurs revenus.

Paul participe à un projet de recherche soutenu par le CTA et Airinov, un pionnier dans les applications agricoles utilisant des drones, et géré par deux organisations rwandaises, Charis Unmanned Aerial SolutionsCharis UAS) et le Regional Research Centre for Integrated DevelopmentRCID). L’objectif ultime du projet est d’optimiser l’utilisation d’engrais azotés dans les cultures de blé.

« Quand nous avons fondé Charis en 2014, je m’intéressais à la construction et à la vente de drones, ainsi qu’à la formation de leurs utilisateurs, se rappelle Eric Rutayisire, PDG de Charis, mais j’ai vite compris que les gens ne voulaient pas acheter des drones. Ils voulaient des services utilisant les drones. » Eric a commencé à discuter de l’utilisation potentielle des drones avec Jules Kazungu, agronome et directeur général du RCID. Ensemble, ils ont soumis un document de synthèse à Giacomo Rambaldi, coordonateur de programme senior pour les technologies de l’information et de la communication (TIC) au CTA. « Giacomo nous a recommandé de lancer un projet de recherche axé sur les besoins en azote du blé, une importante culture commerciale pour de nombreux petits exploitants », indique Eric.

En 2017, Charis a été l’une des 14 organisations africaines à bénéficier du programme de formation sur l’utilisation des drones, financé par le CTA et organisé au siège d’Airinov à Paris. Chaque participant est rentré chez lui avec un drone « aile volante » équipé d’un capteur multispectral et d’une caméra RVB, fabriqué par Parrot. Les entreprises ont financé 40 % du coût des équipements et le CTA a pris le solde en charge.

Recherche sur le terrain

« Nous avons la réelle volonté d’améliorer les technologies qui peuvent faire progresser l’agriculture de précision, et je pense que les drones en font partie », explique Jules Kazungu, dont l’entreprise avait été chargée de la collecte de données sur le terrain. Le projet a examiné les rendements du blé dans trois exploitations agricoles situées à différentes altitudes. Dans chacune d’entre elles, six engrais différents ont été épandus sur 24 micro-parcelles, tandis que des parcelles de contrôle n’ont reçu aucun traitement.

Le drone Parrot a été utilisé pour prendre des images aériennes à cinq reprises lors du cycle de culture. À chaque occasion, Jules et son équipe ont prélevé des échantillons des micro-parcelles et les ont envoyés aux laboratoires du Rwanda Agriculture Board (RAB). Charis a ensuite envoyé les images prises par les drones à Airinov, avec les données provenant des échantillons de sol. La mission d’Airinov – toujours en cours au moment de la mise sous presse – consiste à calibrer un algorithme pour le blé sur la base des corrélations entre la réflectance de la céréale, la matière sèche et la teneur en azote. Cet algorithme permettra aux agences de vulgarisation d’utiliser des images prises par des drones pour évaluer le contenu nutritionnel du blé et ses besoins en engrais azoté, et de fournir ainsi aux agriculteurs des conseils sur la quantité d’engrais et l’endroit où il faut les appliquer.

Même si les agriculteurs associés à ce projet pilote n’ont pas bénéficié directement de la collecte des données, ils ont découvert de nouvelles méthodes de production. « Auparavant, je n’utilisais jamais d’engrais avec le blé », affirme Paul Tuyisingize. « Je semais le blé après les pommes de terre et je comptais sur la fertilité qu’il restait après la récolte de pommes de terre. » Et, comme la plupart des agriculteurs, il avait l’habitude de répandre ses semences à la volée plutôt qu’en ligne droite. Le projet a encouragé les petits exploitants à semer en ligne droite et à appliquer des engrais dans les quantités prescrites. Tous s’attendaient à des rendements supérieurs de 50 % à ceux des années précédentes.

Le gouvernement rwandais reconnaît que le secteur agricole pourrait bénéficier de la mécanisation, en particulier lorsqu’un grand nombre d’agriculteurs cultivent la même espèce dans des parcelles contiguës. « Il en va de même pour l’utilisation de drones », affirme Giacomo Rambaldi. « Fournir des services à des petits exploitants individuels n’a pas de sens sauf s’ils se réunissent en groupes, par exemple en coopératives. »

Giacomo est impatient de poursuivre le travail, sur la base des résultats du projet pilote, en établissant un programme de recherche plus large qui examinera les coûts et bénéfices de l’utilisation de services de drones pour fournir des conseils aux petits exploitants. « Par exemple, si nous pouvons établir qu’un service de conseil entraîne une hausse des rendements d’une valeur de 50 $ par hectare, et que le conseil coûte 8 $ aux agriculteurs, alors cela signifie qu’ils gagnent 42 $ en plus par hectare – dont il faut encore déduire les intrants supplémentaires éventuellement utilisés », explique-t-il. En d’autres termes, le recours aux drones pourrait améliorer sensiblement la productivité et les revenus des petits exploitants.

Emplacement:

Une formation à l’utilisation des drones pour soutenir le développement de Madagascar

par , , et

Le CTA, conscient des opportunités offertes par l’application des drones à l’agriculture de précision, a lancé le projet Transformer l'agriculture africaine - Les yeux dans le ciel pour des technologies intelligentes au sol en 2016 afin d’apporter une assistance technique aux start-up africaines.

Les services de drones au profit de l'agriculture africaine prennent leur envol

par

Le numérique contribue à transformer progressivement l'agriculture africaine en secteur à la pointe de la technologie. Grâce à l'apport de la donnée, les services se modernisent et les systèmes d'aide à la décision gagnent en efficacité. Les drones ou UAS (Unmanned Aerial System, Système aérien sans humain à bord) font partie intégrante de cette révolution.

Profilage et drones au service de l'agriculture de précision

par , , et

Le CTA soutient via le projet Data4Ag des coopératives agricoles et organisations paysannes dans les pays ACP pour améliorer les services agricoles par la collecte et la gestion des données agricoles. Le projet AgriTIC, avec l’organisation FEPA/B au Burkina Faso, a débuté en 2017 et a déjà permis de recueillir les informations de 2 000 exploitations agricoles.

Harmoniser les réglementations sur les drones en Afrique

par

L’Union africaine (UA), par la décision EX.CL/Dec. 986-1007 (XXXII), a mis en place l’une des plus importantes mesures incitatives pour ses Etats membres : encourager l’utilisation des drones pour accélérer le développement et la transformation du continent africain. Les drones sont en effet utilisés pour résoudre de nombreux problèmes de développement dans divers domaines, tels que l’agriculture, la santé, la surveillance des infrastructures, l’arpentage et la cartographie des sols, et d’autres applications pourraient encore être découvertes.

Ne pas manquer l'opportunité de travailler avec CTA. Abbonez-vous maintenant!