Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
Leading image

Mettre en avant les données et les droits des agriculteurs en matière de données pour stimuler l’agriculture

Blog

Blog

L’agriculture numérique recèle un énorme potentiel pour le développement agricole et permet notamment de fournir aux agriculteurs les outils nécessaires pour stimuler leur productivité et leur rentabilité. Bien que les avantages de la numérisation soient nombreux, les petits producteurs ont l’impression de ne pas profiter de la valeur des données recueillies dans leurs exploitations.

Vers une meilleure compréhension des droits des agriculteurs en matière de données

Il est essentiel de s’assurer que les exploitants agricoles comprennent leurs droits en matière de données et qu’ils aient accès aux données nécessaires, afin qu’ils puissent en tirer profit pour améliorer la gestion de leur exploitation.

Le partage de données ouvertes – relatives à la météorologie, aux prix du marché, aux intrants agricoles… – offre aux agriculteurs une série de bénéfices potentiels. Ces données peuvent renforcer la productivité agricole en relevant des défis clés, en fournissant des connaissances sur les intrants appropriés, les services de vulgarisation, les alertes météorologiques et les prix du marché, ainsi qu’un assurant l’accès à ces derniers. Néanmoins, les agriculteurs n’ont souvent pas accès à ces données nécessaires pour gérer leur exploitation. Il est dès lors important qu’elles soient aussi utilisées de manière à générer de la valeur pour les petits exploitants.

La valeur et la propriété des données agricoles s’imposent de plus en plus dans le milieu du développement – comme l’a souligné une récente publication de l’Initiative mondiale des données ouvertes pour l’agriculture et la nutrition (GODAN), Ownership of Open Data: Governance Options for Agriculture and Nutrition (Propriété des données ouvertes : Options de gouvernance pour l’agriculture et la nutrition), qui met en avant les droits des agriculteurs et des collecteurs de données dans la législation actuelle.

Le pouvoir des données pour les petits exploitants

Pour répondre à ces questions de manière plus détaillée, le CTA a soutenu un cours de formation et un séminaire du Forum mondial sur la recherche et l’innovation agricoles (GFAR), qui ont réuni 16 agriculteurs et représentants d’organisations paysannes, ainsi que des experts en data pour l'agriculture.

Les discussions ayant eu lieu lors de la formation et des webinaires qui ont suivi ont abouti à la rédaction d’un livre blanc. Ce dernier examine en détail les opportunités et les défis des données pour l’agriculture pour les petits exploitants. Ces idées ont ensuite été élaborées dans une consultation en ligne sur le site E-agriculture, dont les résultats ont été validés lors d’une réunion d’experts le mois passé à Bonn.

Lacunes et défis

Au cours de ce processus, une série de facteurs empêchant les agriculteurs de profiter des données pour l’agriculture ont été identifiés. Du côté des petits exploitants, on observe un manque flagrant de compréhension des questions entourant les données et de leur complexité. Cette méconnaissance alimente le déséquilibre existant entre les agriculteurs et les entreprises agricoles de plus grande taille – les premiers manquant de ressources pour comprendre et analyser les données importantes, et ne pouvant donc pas tirer profit de leur valeur.

La législation relative à la génération, la circulation, l’échange et l’utilisation des données est également très limitée. Et lorsque la législation existe, elle n’est pas suffisamment comprise par les organisations paysannes. De plus, sur le plan politique, il n’y a pas assez de guidance pour savoir quelles données agricoles peuvent être considérées comme données personnelles et doivent donc être protégées par des lois de protection de la vie privée. Il est également nécessaire de bien faire la distinction entre l’attribution de la propriété des données et le contrôle de l’utilisation des données.

Scénarios futurs

La discussion en ligne a donné lieu à plusieurs scénarios possibles dans lesquels les données pour l’agriculture étaient adoptées avec succès par les petits exploitants. Des suggestions ont ainsi été formulées pour tous les acteurs impliqués dans la transition vers une utilisation accrue des données.

Les gouvernements étaient au cœur de bon nombre de ces suggestions : l’une d’entre elles proposait d’établir des registres publics des services agricoles axés sur les données, qui seraient accessibles à tout moment. Une autre envisageait que les gouvernements et les agences de développement mettent en commun leurs ressources pour collecter des connaissances techniques, qui seraient ensuite mises à la disposition des chercheurs et des professionnels. Le secteur public pourrait aussi jouer un rôle plus actif dans la négociation de meilleurs services à prix raisonnable et dans la mise en place d’infrastructures nécessaires pour collecter et conserver les données. Dans le même ordre d’idée, un participant a souligné l’importance de mécanismes réglementaires complets, capables de renforcer les négociations de contrat. L’objectif de cet exercice était d’examiner dans quelle mesure les agriculteurs pourraient profiter de ces scénarios.

Une autre suggestion : la création de nouvelles structures permettant l’agrégation des données des agriculteurs, comme des coopératives de données capables de négocier l’utilisation et les bénéfices des données fournies par les agriculteurs. A plus large échelle, il a été aussi proposé un échange de données dans le cadre duquel les agriculteurs, les gouvernements et l’industrie partageraient tous leurs données au sein d’un cadre de données ouvertes. Toutes les idées avancées reposaient sur le même principe : que les données soient aussi ouvertes que possible, mais aussi protégées que nécessaire.

Actions

Les points d’action issus du récent atelier sont toujours en cours de formulation. Néanmoins, d’après des observations personnelles des discussions qui ont eu lieu jusqu’à présent, les principaux domaines d’intérêt sont les suivants :

  • Il est nécessaire de renforcer les capacités des organisations paysannes et de les sensibiliser aux lois actuelles qui protègent les agriculteurs dans le cadre de l’utilisation de leurs données.
  • L’accès à davantage de données collectées par le gouvernement ou dans le cadre de recherches sur l’environnement agricole pourrait être facilité.
  • Davantage de cartographie et de recherches sur l’échange de données spécifiques sont nécessaires pour comprendre les options les plus avantageuses pour les agriculteurs.
  • Davantage de guidance sur les possibilités juridiques de protéger les droits des agriculteurs est nécessaire.

Une déclaration pour une meilleure utilisation des données ouvertes dans l’agriculture en Afrique de l’Ouest francophone

par , et

Les délégués des gouvernements des pays africains francophones se sont réunis pour discuter de l’importance des données ouvertes sur le développement économique et social.

Ne pas manquer l'opportunité de travailler avec CTA. Abbonez-vous maintenant!