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The Sun Exchange : Démocratiser l'énergie

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The Sun Exchange s’est donné pour mission de permettre à tous ceux qui le souhaitent de passer à l’énergie solaire.

© Dana Smillie / World Bank

par Jaclyn Bolt et Osseni Senou

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The Sun Exchange, une entreprise fondée par Abraham Cambridge en 2014, est située en Afrique du Sud, où elle s’emploie à remédier à l’énorme déficit en financement qui freine le développement de projets d’énergie solaire. La solution qu’elle a mise au point contribue à alimenter en énergie des usines, des écoles et des réserves naturelles. Dans cet article, Abraham Cambridge nous en dit plus sur l’expérience de son entreprise avec la technologie de la blockchain.

Le défi

« Les communautés et les industries des économies émergentes n’ont pas accès aux fonds nécessaires pour investir dans l'énergie solaire. Ces acteurs n’ont donc d’autre choix que de se tourner vers des sources d’énergie polluantes, au coût par ailleurs plus élevé. Les sources de financement traditionnelles, telles que les fonds centralisés, ne sont souvent accessibles qu’aux projets de grande envergure dont les retombées mettent énormément de temps à se matérialiser pour les utilisateurs locaux. Des exploitations locales doivent ainsi attendre plusieurs dizaines d’années avant d’avoir accès aux réseaux centralisés d’électricité », explique Abraham Cambridge.

La solution

The Sun Exchange s’est donné pour mission de permettre à tous ceux qui le souhaitent de passer à l’énergie solaire – une mission de « démocratisation de l’énergie » comme l’explique Abraham Cambridge. L’idée est d’aider ainsi la planète à réussir sa transition vers une économie d’abondance utilisant des énergies non polluantes. Grâce à sa plateforme en ligne, The Sun Exchange met en relation des acteurs qui investissent dans l’énergie solaire et des bénéficiaires potentiels des zones rurales. « Auparavant, les panneaux solaires étaient vraiment réservés aux classes moyennes et supérieures. La technologie des panneaux solaires « supposait » que l’on soit propriétaire d’une maison pour les installer, ce qui exclut la plupart des habitants de la planète. Elle nécessite aussi beaucoup d’argent. Grâce à notre solution, pratiquement tout le monde peut investir dans l’achat de panneaux solaires ; ceux-ci sont en effet disponibles par le biais de projets sociaux et/ou vendus sur les marchés émergents », explique-t-il.

L'entreprise travaille avec la société Solar Hive, qui l’aide à approvisionner les zones rurales en électricité. Celle-ci est utilisée pour le raccordement à internet, pour actionner les pompes à eau, etc. Selon Abraham, la plus grande disponibilité de l’énergie dans les zones rurales, qui permet de commander des équipements ou des technologies agricoles, contribuera à lutter contre l’exode rurale des jeunes. « Les exploitants de la filière du café des communautés rurales du Kenya devaient jusqu’ici se déplacer pour aller vendre leur production sur des marchés locaux et/ou à des grossistes, ce qui leur prenait beaucoup de temps et leur demandait pas mal d’efforts. Grâce à nos réseaux, ils ont à présent accès à internet. Ils peuvent donc se lancer dans le commerce électronique, organiser la collecte de leurs récoltes et obtenir de meilleurs prix. »

Application

The Sun Exchange utilise une plateforme et des portefeuilles numériques. Les investisseurs peuvent choisir de financer des projets solaires en monnaie nationale ou en bitcoin. L'énergie solaire est ensuite achetée par paiement mobile. Les montants en monnaie numérique sont convertis en bitcoins au taux de change local, via un système intégré dans la plateforme Sun Exchange. Les consommateurs locaux d'énergie louent des panneaux solaires fournis par l'entreprise pendant une durée de 20 ans. Ils s’acquittent du prix de la location en utilisant des systèmes de transfert d’argent par téléphonie mobile, comme M-Pesa.

« Nous avions le choix entre différentes cryptomonnaies. Nous avons opté pour le bitcoin, la plus liquide (et donc la plus utilisée) et dont la capitalisation boursière était la plus élevée ors du lancement de notre plateforme. Le bitcoin présentait l’avantage d’être la première cryptomonnaie ; nous ne voyons pas l’intérêt d’opter aujourd’hui pour une autre », explique Abraham.

Mise en œuvre et investissement

« Nous ne nous occupons pas de l’installation, d’où l’importance de nos partenaires du secteur de l’énergie solaire. Le rôle de nos investisseurs est lui aussi essentiel : Alphabit, par exemple, un fonds de couverture en cryptomonnaie, a ainsi investi plus de 500 000 dollars. Au début, nous avons essayé de coopérer avec des investisseurs plus traditionnels. Nous avons abandonné, car nous ne parvenions pas à bien leur expliquer notre projet et nos objectifs. Ils n’y connaissaient rien en cryptomonnaies, ils ne comprenaient pas en quoi il s’agissait d’une monnaie géniale ni pourquoi nous l’utilisions. »

Dans certains pays d'Afrique, le simple fait d’évoquer la blockchain ou le bitcoin peut susciter des réactions négatives et des critiques. Ce n’a pas été le cas pour Sun Exchange. « L’Afrique a toujours cherché à se doter d’une monnaie africaine unique, similaire à l’euro. Le bitcoin est peut-être cette monnaie. Ce succès s’explique aisément. Les Africains utilisent déjà les monnaies virtuelles, comme M-Pesa. Et le bitcoin est moins coûteux et plus sûr.

Vision

The Sun Exchange se réjouit à l'idée d’exploiter des centaines de micro-réseaux sur le continent africain et sur d’autres marchés en développement, par exemple en Moldavie, où l’entreprise cible le secteur agricole, avec le soutien du Programme des Nations unies pour le développement.

Abraham Cambridge conclut avec quelques conseils pour d’autres initiatives qui envisagent d’utiliser la technologie de la blockchain : « Il y a énormément de projets différents mais beaucoup font la même chose. Certains vont mettre des années à aboutir. Ne tombez pas dans le piège de la spéculation, ne spéculez pas sur l’avenir. Concentrez-vous plutôt sur la façon dont la technologie peut être utilisée aujourd’hui. »

Cet article fait partie d'une série d'études de cas sur les applications blockchain pour l'agriculture, menée par l'Université de Wageningue pour le CTA. Retrouvez les autres études de cas sur cette page : https://www.cta.int/fr/blockchain.

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