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Tirer profit du manioc

Analysis

Digitalisation

Le manioc est le troisième féculent des tropiques, juste après le riz et le maïs, et la nourriture de base de 500 millions d’habitants. Les petits exploitants d’Afrique centrale en produisent 27 millions de tonnes par an et sa culture présente un réel potentiel de valeur ajoutée et de productivité.

En décembre 2016, le CTA et la Plateforme sous-régionale des organisations paysannes d’Afrique centrale ont organisé un forum régional sur le manioc à Yaoundé (Cameroun). L’idée était d’étudier une possible chaîne de valeur régionale du manioc afin d’augmenter la productivité, les possibilités d’emploi et les revenus d’un maximum d’agriculteurs.

«Cela nous a convaincus d’établir un projet-phare du CTA en Afrique centrale axé sur le manioc», rappelle Vincent Fautrel, coordinateur senior du programme Chaînes de valeur agricoles du CTA. Ce projet inclurait deux volets : moderniser la capacité de transformation des coopératives de manioc ; connecter coopératives, acheteurs et entreprises de transformation.» Le Nigeria et le Ghana ont progressé en passant de la farine de blé et l’amidon de maïs, deux produits importés, au manioc. Des mesures qui seront étendues à l’ensemble de l’Afrique centrale.

A la suite du forum, le CTA a commandé une étude détaillée sur la chaîne de valeur du manioc en Afrique centrale. Sa réalisation prendra une petite année mais M. Fautrel tenait absolument à profiter de la dynamique créée par le forum. Début 2017, le CTA a lancé un appel à propositions afin de soutenir les initiatives en faveur du manioc. Quatre projets ont été lancés en République centrafricaine (RCA), en République démocratique du Congo (RDC) et au Cameroun. Au total, 100 000 petits producteurs et transformateurs profiteront de ces projets durant deux ans. Les femmes représentant l’essentiel de la main-d’œuvre dans la chaîne de valeur du manioc, elles bénéficieront principalement des projets.

Trois d’entre eux – un dans chaque pays – visent à renforcer les capacités des femmes grâce à la formation et à du nouveau matériel. Le quatrième, mené en partenariat avec le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) dans le nord du Cameroun, explore de nouvelles techniques de transformation du manioc.

En RCA, la formation sur la transformation du manioc a été organisée pour le principal groupe de femmes approvisionnant Bangui. De plus, le projet a investi dans l’infrastructure de base. En RDC, une coopérative de 300 petites exploitantes a élaboré un business plan afin d’augmenter la rentabilité et les ventes de manioc et le projet a financé l’installation de deux grands conteneurs dans un marché de Kinshasa. Au Cameroun, le projet de renforcement des capacités, bénéficiant à de nombreuses femmes, a assuré une formation axée sur les méthodes de production, la gestion des sols, la comptabilité et la lutte contre les maladies.

Le partenariat entre les coopératives camerounaises a débouché sur des progrès particulièrement impressionnants. Le procédé de rouissage, qui décompose les fibres et élimine l'acide cyanhydrique du manioc en trempant ses racines dans l’eau, prend habituellement trois jours. «Aujourd’hui, les coopératives associées au projet obtiennent les mêmes résultats deux fois plus vite grâce à l’utilisation de nouvelles techniques comme le “starter optimisé”», affirme M. Fautrel.

Ces coopératives diffusent aussi de nouvelles technologies susceptibles d’augmenter la productivité et les revenus des agriculteurs. «Un succès tel que ces coopératives ont été inondées de demandes de femmes souhaitant les rejoindre», ajoute M. Fautrel.

Ces initiatives pourraient aussi en annoncer une autre à plus grande échelle : un projet-phare régional augmentant considérablement la sécurité alimentaire, encourageant les échanges commerciaux régionaux et améliorant la vie de milliers d’habitants. 

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