Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
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Quand la finance agricole fait sa révolution

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La croissance de l’agriculture à petite échelle dans les pays en développement est freinée par un grave sous-financement. Afin d’y remédier, le CTA a invité ses partenaires et de nombreux autres acteurs du développement à se pencher sur les partenariats de prêt public-privé, un modèle de financement agricole particulièrement novateur.

Organisée en novembre 2016, à Bruxelles, la conférence Blending4Ag a permis d’étudier comment cette combinaison de financements privés, philanthropiques et publics pourrait attirer davantage de capitaux vers les chaînes de valeur des petits exploitants.

À l'heure actuelle, seul un quart des besoins en financement des petits exploitants agricoles des pays en développement sont satisfaits. Le déficit de financement annuel dépasse les 150 milliards de dollars (133,4 milliards d'euros). La majeure partie de cette demande insatisfaite de financement, soit 84 milliards de dollars (74,7 milliards d'euros), est représentée par des petits exploitants opérant dans des chaînes de valeur instables, c'est-à-dire des agriculteurs qui ont régulièrement des surplus de production qu'ils vendent au marché. L'essentiel des besoins de financement se situe au niveau des marchés locaux où s'échangent des denrées telles que le blé, le maïs et le manioc.

Si la tendance actuelle se poursuit, ce déficit de financement continuera d'étouffer le développement des chaînes de valeur des petits exploitants dans les décennies à venir. La cause du déficit de financement est la réticence des financiers privés à prêter aux petits exploitants en raison de risques qu'ils perçoivent comme excessifs.

Une utilisation plus efficace des financements publics, qui sont actuellement la source principale de prêts bancaires octroyés aux petits exploitants, offre pourtant des opportunités significatives d'accélérer la croissance du financement agricole, en particulier pour débloquer des financements privés. Connus sous le nom de financement mixte, les partenariats public-privé ont déjà prouvé leur efficacité dans plusieurs secteurs, notamment ceux de l'énergie et des infrastructures.

C’est ainsi que la conférence Blending4Ag a examiné le potentiel en grande partie inexploité des modèles mixtes pour débloquer des financements pour l'agriculture, en particulier pour obtenir davantage de fonds privés pour développer l'agro-industrie dans le secteur des petites exploitations.

Pour Michael Hailu, directeur du CTA, « le secteur du prêt classique considère toujours le financement agricole comme une activité à haut risque, ce qui a pour effet de freiner les investissements nécessaires à la production comme à la transformation agricoles. Le financement mixte apparait donc comme une formule prometteuse pour débloquer des flux de capital privé en utilisant le financement public comme levier. »

A l’occasion de cette conférence, différents modèles de financement mixtes ont été présentés et les défis posés par une telle approche ont été passés au crible.

« Le financement de petits exploitants agricoles est plus compliqué que le financement d'infrastructures ou de centrales électriques, qui sont les principaux domaines ayant bénéficié de techniques de financement mixte jusqu'à présent », a ainsi longuement expliqué Lamon Rutten, chef du programme du CTA en charge des politiques, des marchés et des TIC. « Des efforts particuliers doivent être fournis pour parcourir la dernière ligne droite et faire en sorte que le financement assure aux petits exploitants des revenus plus élevés et plus durables. »

Plusieurs sujets ont fait l’objet de discussions particulièrement approfondies, notamment les perspectives de développement du financement en devise locale, les partenariats pour un financement efficace des initiatives d'adaptation au changement climatique, la gestion des risques ou encore les différents mécanismes de soutien indispensables lors de la mise en œuvre de tels partenariats.

Une étude de cas a également été présentée et discutée lors de la conférence. Elle concerne un nouveau dispositif de financement visant à accorder davantage de prêts aux petits producteurs agricoles du Ghana, de manière à améliorer la productivité et à promouvoir l'agriculture intelligente face au changement climatique dans le secteur du cacao. Ce dispositif comporte un système de garanties qui permet d’encourager les institutions financières locales à octroyer des prêts. Un programme considéré par tous les participants comme étant particulièrement prometteur.

MUIIS – L’agriculture intelligente face au climat

Le projet MUIIS (Market-led, User-owned ICT4Ag-enabled Information Services), géré par le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), connecte les agriculteurs à des services satellitaires pour les aider à accroître leur rendement. Les agriculteurs reçoivent sur leur portable des conseils et des instructions très spécifiques comme « Épandage d’engrais entre 17 et 19 heures » ou « Avis de vents forts à partir de 15 heures ». Aux dires des agriculteurs, ce dispositif a accru les rendements et a contribué à la sécurité alimentaire.

Cultiver plus pour vendre plus

Dernière ligne droite pour le projet MUIIS

ICT Update interviewé Ronald Rwakigumba, de Mercy Corps, responsable de la dernière phase du projet MUIIS (services d’information ICT4AG innovants, axés vers le marché et appartenant aux utilisateurs).

MUIIS Uganda Initiative is Inclusive: Says the World Economic Forum

The principle upon which the New Vision for Development by the World Economic Forum (WEF) was developed is based on the agreement that economies and businesses will need to be transformed if they are to ensure sustained improvements in living standards for all the world’s citizens.

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