Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
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Un sommet dédié à la blockchain pour stimuler l'adoption d’innovations digitales pour l’agriculture

Impact story

L'un des principaux résultats du sommet Strike Two est la mise en place de la communauté de la blockchain pour l’agroalimentaire, gérée par FairFood, une ONG basée aux Pays-Bas, et soutenue financièrement par le CTA.

Digitalisation

Le sommet Strike Two, une série d'événements destinés à présenter des innovations digitales pour les systèmes agro-alimentaires, a offert au CTA et à ses partenaires un tremplin pour démontrer le potentiel transformateur de la blockchain pour l'agriculture paysanne et mettre en place une communauté mondiale toujours plus large œuvrant à accélérer l’adoption de la blockchain pour l’agriculture.

La « blockchain » – un registre digital pour stocker et échanger des données par le biais d’une plateforme sécurisée et décentralisée – est désormais largement reconnue comme un outil prometteur permettant aux organisations de partager des informations en toute transparence et en toute sécurité. Cette technologie, en supprimant les intermédiaires et en automatisant les accords, offre de nouvelles possibilités pour une gestion intelligente de la chaîne d'approvisionnement. Elle peut ainsi se révéler particulièrement utile pour le secteur agroalimentaire, dont les chaînes d’approvisionnement sont souvent longues et complexes, en renforçant la transparence, la traçabilité et la confiance. La provenance et la qualité peuvent ainsi être prouvées, ce qui peut faciliter l’accès des petits exploitants à de nouveaux marchés lucratifs.

L’accès à la « blockchain » et les connaissances dans ce domaine restent cependant limités, en particulier dans le secteur agricole des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Ce constat a amené le CTA à lancer le projet Promouvoir la technologie de la blockchain pour renforcer l’innovation et améliorer les performances dans le secteur agroalimentaire. Le Centre entend ainsi montrer comment il s’emploie à développer, tester et mettre en œuvre la technologie de la « blockchain » dans son travail et ses activités dans le domaine de l’agribusiness, de l’entrepreneuriat et de l’innovation. Ce projet, mis en œuvre entre avril 2018 et mai 2020, entend améliorer la compréhension de l’utilisation de la « blockchain » dans le secteur agricole des pays ACP et démontrer la pertinence de cette technologie, en se fondant sur les résultats prometteurs obtenus à ce jour.

Le sommet Strike Two a permis de réaliser des avancées majeures dans cette direction. Ce cycle de trois événements, organisés entre septembre 2019 et février 2020, avait pour but d’accélérer l'adoption d’innovations digitales susceptibles de rendre le système alimentaire plus circulaire et plus durable. « Ce sommet a rassemblé un groupe d’acteurs unique, indique Chris Addison, coordonateur de programme senior, Data4Ag au CTA, partenaire de Strike Two. « Au niveau sectoriel, The New Fork, l’organisation à l’initiative de ce sommet, est parvenue à mobiliser des acteurs technologiques de premier plan tels qu'IBM, les cabinets de conseil Accenture et Deloitte, des institutions financières, des acheteurs de produits agricoles mais aussi des entreprises de grande distribution du secteur alimentaire comme Ahold Delhaize. » Le ministère néerlandais de l'Agriculture a également participé activement à ces événements, tout comme des organisations paysannes et des entreprises des pays ACP soutenues par le CTA, ces dernières permettant de faire le lien entre les expériences des pays ACP et de l’UE.

Les trois événements organisés dans le cadre de ce sommet ont réuni plus de 500 participants. Les thèmes de la confiance des consommateurs, du revenu agricole et de la gestion de la chaîne de valeur y ont été abordés. Un des principaux objectifs était de mieux comprendre les développements dans le domaine de la « blockchain » et d’identifier et de mieux cerner certains problèmes et enjeux.

Marieke de Ruyter de Wildt, fondatrice de The New Fork, poursuit : « Prenons le thème du premier événement – la confiance des consommateurs. Il faut savoir qu’une personne sur dix est victime un jour ou l’autre d’une intoxication alimentaire et que moins d'un tiers des consommateurs ont vraiment confiance dans les produits alimentaires. Nous avons examiné comment les nouvelles technologies peuvent améliorer la sécurité sanitaire et la qualité des aliments ainsi que la circularité alimentaire. Sur la base de modèles d'entreprise tenant compte des dimensions sociales, environnementales et du développement durable, nous avons élaboré des scénarios collectifs pour mieux comprendre à quoi ces produits pourraient ressembler ainsi que des feuilles de route identifiant les acteurs à impliquer ainsi que les prérequis et les différentes étapes. »

Une communauté de la « blockchain » pour le secteur alimentaire

L'un des principaux résultats du sommet est la mise en place de la communauté de la blockchain pour l’agroalimentaire. Cette communauté est gérée par FairFood, une ONG basée aux Pays-Bas, et bénéficie du soutien financier du CTA. Elle rassemble des agripreneurs, des chercheurs, des développeurs de technologies, des décideurs politiques et d'autres acteurs du secteur agroalimentaire. « Ce sommet a rassemblé un large éventail d’acteurs ayant des parcours, des compétences et des réseaux différents. Nous avons créé cette communauté dans le but de partager les enseignements sur la « blockchain » avec ces acteurs et d’autres intervenants, de faciliter les échanges et les interactions en ligne et de mettre en relation les bonnes personnes pour faire vraiment bouger les choses et commencer à mettre en œuvre des solutions qui ont déjà fait leurs preuves, plutôt que d’en inventer de nouvelles », explique Rafael da Costa Guimaraes, gestionnaire de cette communauté.

La participation à cette communauté de la « blockchain », ainsi que l’accès à ses articles, études de cas, fiches d'information et webinaires, est gratuite et ouverte à tous. Le nombre de membres qui la rejoignent augmente, par le biais de « Dgroups », une plateforme pour les groupes et communautés du développement international. Lorsque cette plateforme sera pleinement opérationnelle, les membres pourront s’y inscrire par mail et interagir avec les autres membres, également par e-mail. Cette plateforme sera ainsi simple et pratique à utiliser, même avec une faible bande passante, ce qui est le cas pour les membres des pays « du Sud ».

Développer une base de connaissances

En plus de son partenariat avec le sommet et la communauté de la « blockchain », le CTA a cofinancé AgriFoodTrust, une plateforme de test et d'apprentissage axée sur les technologies digitales basées sur la confiance et la transparence. « Tout comme le CTA, nous sommes convaincus que la « blockchain » peut vraiment changer la donne pour l’agriculture paysanne dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire », explique Gideon Kruseman, responsable Prospective et recherche ex ante au CIMMYT, l’hébergeur de la plateforme. « Dans le secteur agroalimentaire, la "blockchain" est surtout utilisée dans les chaînes de valeur relativement courtes et bien définies, essentiellement pour les produits de base à forte valeur ajoutée. Et même ici, il existe une série de défis et de problèmes, tels que la connectivité et le soutien technique. Utiliser la "blockchain" pour transformer les systèmes alimentaires dans nos zones géographiques ne sera donc pas des plus faciles », explique M. Kruseman.

Pour relever le défi de l’adoption de la « blockchain » dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, le CTA a fourni à la plateforme AgriFoodTrust une base de données de 60 cas d'utilisation de la « blockchain ». « En soumettant ces cas d'utilisation à des tests scientifiques rigoureux, nous constituerons une base de connaissances sur ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas et pourquoi », poursuit M. Kruseman. En se développant, la plateforme entend attirer de nouveaux cas d'utilisation d’autres acteurs de systèmes agroalimentaires dynamiques et complexes, ainsi que des financements d'agences désireuses d’investir dans les technologies numériques basées sur la transparence et la confiance.

« Le CIMMYT effectuera une enquête préliminaire, mais par le biais de cette plateforme, il négociera également des partenariats avec d'autres organisations académiques et de recherche », explique M. Kruseman. Un corpus croissant de données sur la « blockchain » devrait faciliter le développement de ces partenariats et accélérer ainsi l’adoption de cette technologie dans le secteur de l’agriculture et diffuser ainsi ses avantages.

Emplacement:

La blockchain, une opportunité pour une meilleure traçabilité du cacao durable en Côte d'Ivoire

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La traçabilité est un enjeu majeur dans le secteur cacaoyer en Côte d'Ivoire. Pour Nitidae, la « blockchain » représente une solution pour lutter contre la fraude et favoriser une production éthique. L'ONG lyonnaise, avec l'appui du CTA et de Gaiachain, a mené de février 2019 à avril 2020, un projet avec une coopérative de la région de la Mé, en Côte d’Ivoire. Enseignements, bénéfices, perspectives : voici un premier bilan de l'expérience « Cocoblock ».

Travailler avec les communautés pour faciliter leur accès au crédit

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Hiveonline est une plateforme digitale qui instaure la confiance financière. Cette jeune start-up coopère avec des ONG, des commerçants et des institutions de microfinance afin de soutenir l’écosystème des petites entreprises. L’objectif est de contribuer au développement des communautés en leur donnant les moyens d’avoir accès au crédit et aux marchés. Entretien avec Sofie Blakstad, directrice et fondatrice de Hiveonline, pour évoquer son initiative et le rôle de la technologie de la « blockchain ».

Créer des chaînes d’approvisionnement fluides

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Binkabi est une plateforme qui permet de proposer, de négocier et de financer des produits agricoles par la blockchain. Son PDG et fondateur, Quan Le, nous explique les tenants et aboutissants de l’application et donne quelques conseils aux entrepreneurs intéressés par la technologie de la blockchain.

BenBen Ghana : autonomiser les citoyens grâce à la sécurité foncière

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