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Combler les lacunes en termes d’information pour les agripreneuses

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Les femmes des régions rurales ont besoin de services sur mesure pour surmonter le manque d’information.

© CTA

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Toute tentative significative de réduire le fossé entre les sexes dans l’agriculture doit reposer sur l’amélioration de l’accès des femmes à l’information. Les agripreneuses des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ont de bons produits, mais pas de débouchés et aucun moyen d’accéder aux financements nécessaires pour passer au niveau supérieur. Pour saisir les opportunités, les informations sont essentielles, mais comment les femmes des régions rurales peuvent-elles être au courant de leur existence – et savoir où les chercher ?

Les canaux de communication utilisés pour atteindre les petites agripreneuses sont cruciaux pour combler les lacunes en matière d’information sur les marchés et les services financiers, et peuvent faire toute la différence. Il est donc capital de prendre en compte des facteurs liés au sexe, comme les compétences numériques, le temps et les tâches domestiques, lors de la conception de produits fondés sur les connaissances ciblant les femmes dans l’agribusiness.

Une première étape importante consiste à adapter les informations aux agripreneurs, en choisissant un canal de communication qui correspond à leurs préférences et à leur environnement. Actuellement, de nombreuses sources d’information ne répondent pas aux besoins des agripreneuses. Par exemple, l’utilisation de canaux en ligne peut être efficace pour atteindre les agripreneurs urbains, mais elle a peu de chances de fonctionner pour les agricultrices rurales, en raison de plusieurs facteurs, comme de faibles capacités numériques et une mauvaise connectivité.

Parfois, les fournisseurs de services financiers proposent des produits axés sur l’agriculture, mais ne prennent pas la peine d’organiser des séances d’éducation financière, qui pourraient pourtant accroître leur effet. De telles formations sont capitales pour aider les petites exploitantes à utiliser les financements pour faire évoluer leur entreprise et assurer la continuité de leurs activités.

Le pouvoir des médias locaux

Les sources d’information locales, comme les médias traditionnels (radio et télévision), ont de grandes chances d’atteindre les femmes intéressées par l’agribusiness. Les médias locaux savent comment rendre les informations compréhensibles pour les femmes des régions rurales et éviter le jargon des fournisseurs de services financiers et des organisations de marché.

L’expérience nous a appris qu’une communication directe avec les petites agripreneuses pouvait être très fructueuse. Citons l’exemple d’EuroAfri Link (EAL), actif au Cameroun, au Ghana et au Malawi. Lancé par un groupe de spécialistes en communication et marketing souhaitant connecter des groupes de petits producteurs africains à des acheteurs et bailleurs de fonds européens, EuroAfri Link organise des rencontres entre son personnel de terrain et des petites agricultrices, directement dans leurs villages.

Des contacts directs qui rapportent

Le personnel d’EAL rend visite aux coopératives et entreprises de femmes et parlent à leurs membres des marchés/financements européens ciblant spécifiquement les femmes. Ils prennent ensuite rendez-vous avec la responsable de la coopérative et parcourent avec elle les critères de financement pour déterminer si les membres y répondent. Une fois que des coopératives, entreprises ou groupes d’agricultrices satisfaisant aux critères sont identifiés, EAL envoie leurs documents à des organisations qui peuvent les aider à écrire une proposition gagnante. Les résultats peuvent être impressionnants. À la suite de ce soutien, deux entreprises ont été présélectionnées en 2018 pour un financement au titre de l’initiative pour les femmes dans l’agribusiness de l’Africa Enterprise Challenge Fund-Women Economic Empowerment (AECF-WEE). L’une des coopératives, située au Burkina Faso, regroupe 3 000 femmes de dix provinces, actives dans la récolte et la transformation de noix de karité en beurre. L’autre était une coopérative de cacao de Sierra Leone, réunissant plus de 13 000 petits exploitants, dont 50 % de femmes.

Dans le cadre d’une autre initiative, des liens ont été créés entre une coopérative de beurre de karité ghanéenne et un acheteur européen. La coopérative s’attend désormais à améliorer le statut économique et le bien-être financier de 110 femmes actives dans la filière du beurre de karité, dans la région du Haut Ghana oriental. Ensemble, elles produisent 80 tonnes de beurre de karité en haute saison et 20 tonnes en basse saison.

Actuellement, EAL établit des liens entre le Cassava Development Project (CADEP) et le marché européen. Le CADEP, qui fait partie du Global Food Network (GFN), produit de la farine et de la fécule de manioc. Il rassemble 800 familles d’agriculteurs du Cameroun, dont 60 % de femmes.

Cet article a été rédigé dans le cadre d’une initiative menée par le CTA visant à documenter et à partager les connaissances exploitables sur les approches agricoles efficaces pour l’agriculture des pays ACP. Il capitalise sur les connaissances, les enseignements et les expériences pratiques afin de documenter et d’orienter la mise en œuvre de projets axés sur l’agriculture pour le développement.

Réduire le fossé numérique entre les sexes et offrir des perspectives aux femmes dans le secteur de l’agriculture

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Les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont promues en tant qu’approche d’égalité des chances – mais l’accent n’est pas toujours mis sur les femmes. Plusieurs initiatives africaines mettent en avant le rôle clé que l’information et les connaissances peuvent jouer dans l’amélioration de la productivité agricole et de la rentabilité des exploitations agroalimentaires dirigées par les femmes.

Les agricultrices et agripreneuses doivent agir pour influencer l'agenda du développement

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Au long de l’histoire, les femmes ont enregistré des avancées en termes de contrôle de leur destin, de leurs actifs et de leur visibilité dans un monde dominé par les hommes, avant de régresser. Durant ces moments, telle Pénélope qui attend Ulysse, les femmes font et défont la toile de leur vie. Nous pourrions être en train d’assister à une nouvelle période de régression, alors que rôles et aspirations des femmes sont remis en question dans de nombreux domaines. Il est temps de se remettre à l’ouvrage et de changer la distribution des rôles !

Les réseaux numériques améliorent les perspectives financières des agripreneuses

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Alors que le secteur agricole pourrait garantir la sécurité alimentaire, les établissements financiers financent peu l’agriculture et les agriculteurs. Les agricultrices et les agripreneuses citent l’accès au financement comme leur principale difficulté. Nombre d’entre elles gèrent des exploitations informelles. De très nombreuses conditions sont nécessaires à l’expansion de leurs activités mais possibles à mettre en place.

Des « bouquets » de services pour donner un coup de pouce aux agripreneuses

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Les femmes sont des acteurs essentiels du secteur agricole en Afrique, mais elles doivent surmonter une série d’obstacles pour développer et gérer des entreprises agricoles prospères. L’offre de « bouquets » de services – incluant l’accès à la terre et au financement, le développement des compétences commerciales, des conseils de vulgarisation et l’offre de débouchés porteurs – aidera davantage d’entrepreneuses à se tailler une place dans le secteur agroalimentaire.

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