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Améliorer les infrastructures de base pour aider les agricultrices à réussir

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Il faut mettre l’accent sur l’amélioration des infrastructures rurales pour faire de l’agriculture une activité commerciale à part entière, particulièrement pour les femmes, premières contributrices du secteur.

© Marshall Burke

par Michael Sudarkasa

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Il y a lieu de donner davantage la priorité au développement des infrastructures dans les communautés agricoles rurales afin de faciliter la modernisation du matériel agricole utilisé par les femmes, de diminuer la pénibilité de leurs tâches, de réduire les risques auxquels elles sont exposées et de limiter les pertes post-récolte qui diminuent considérablement leurs revenus de productrices primaires.

D'importantes avancées ont déjà été réalisées, notamment en ce qui concerne le développement de méthodes innovantes d’utilisation des smartphones au bénéfice des agriculteurs et des agricultrices des communautés rurales avec diverses applications - épargne, paiements, informations météorologiques, informations sur les marchés, assurances, analyse des sols, comptabilité, messagerie, communication et conseils de vulgarisation agricole. Pourtant, malgré les progrès réalisés grâce à ces outils et à d'autres technologies de l'information et de la communication, certaines activités agricoles de base restent pénibles et difficiles. Une situation qui expose les millions de petites productrices qui constituent la majorité de la communauté agricole africaine à une série de risques.

Un problème spécifique est lié au fait que la plupart des agricultrices n’ont pas accès aux technologies d’irrigation. Ces petites exploitantes sont en particulier confrontées aux effets du changement climatique, qui entraîne des variations météorologiques de plus en plus importantes – parmi lesquelles la fréquence accrue des sécheresses et des inondations. L'irrigation au goutte-à-goutte est une solution relativement peu coûteuse et, associée à un système de pompage solaire, elle permet également d’exploiter les eaux souterraines, même lorsque l’exploitation n’est pas située à proximité de sources d’eau.

La puissance de l'énergie solaire

La diminution rapide du coût global de la technologie solaire photovoltaïque offre aujourd’hui de nombreux moyens d’accès aux systèmes d'énergie solaire, tels que les systèmes de production d'énergie intégrée et/ou les mini-réseaux. Autant de systèmes qui permettent d’améliorer considérablement les revenus que les agricultrices et les agripreneuses tirent de leur travail.

Outre les systèmes de pompage, l’alimentation des systèmes d'irrigation et la production de l’électricité nécessaire pour recharger les téléphones portables, l'électricité solaire peut aider les agricultrices et les agripreneuses à accroître leurs revenus de diverses façons. Elle peut ainsi être utilisée pour :

  • sécher leurs produits, pour les conserver et prolonger leur durée de conservation ;
  • faire fonctionner divers types d'équipement et de matériel utilisés pour la transformation et le classement de leurs produits, avec à la clé, la création de valeur ajoutée ;
  • alimenter en électricité des entrepôts frigorifiques qui leur permettent de conserver plus longtemps leurs récoltes.

L’électricité (solaire) permet par ailleurs aux commerçants et aux négociants de travailler plus longtemps, plus tôt le matin et plus tard le soir. L’éclairage contribue également à améliorer la sécurité, ce qui est particulièrement important pour les agricultrices. Enfin, l’électricité permet aux agriculteurs des zones rurales d'automatiser la gestion de leur exploitation. Cette gestion automatisée s’avère particulièrement efficace lorsqu’elle est associée à une formation dans le domaine de la tenue électronique des comptes, au moyen de tablettes et d'ordinateurs.

L’énergie photovoltaïque n’est pas le seul moyen de développer l’infrastructure énergétique. Les biodigesteurs ­– pour la production de biogaz particulièrement utile dans les dans les communautés agricoles où les excréments d’animaux peuvent être utilisées comme matière première – et les mini-turbines hydrauliques – pour les petites communautés agricoles situées près de cours d’eau – comptent parmi les autres systèmes qui contribuent à la réduction des pertes post-récolte et à la création de valeur ajoutée pour les exploitantes agricoles.

Les stations d’emballage, les centre de conditionnement, les centres de services de mécanisation et les installations de stockage sont autant d'exemples d'infrastructures de transformation partagées qui sont extrêmement utiles aux petites agricultrices des zones rurales.

Partenariats public-privé

Heureusement, un certain nombre de pays africains commencent à encourager les partenariats public-privé afin de développer davantage ce type d'installations. Le Nigeria (zones de transformation des cultures de base), l'Ethiopie (parcs agricoles industriels), la Côte d'Ivoire (hubs agricoles), l'Afrique du Sud (hub agricoles) et la République démocratique du Congo (agriparcs) ne sont que quelques-uns des pays qui reconnaissent aujourd’hui la nécessité de développer des « oasis » d’infrastructures permettant aux petites exploitantes d’avoir accès à des technologies, des machines et du matériel qui les aident à réduire leurs pertes post-récolte et à augmenter leurs revenus.

Parallèlement à cela, des partenaires de développement tels que l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, le Centre du commerce international et la Fondation américaine pour le développement de l'Afrique financent des initiatives visant à concevoir et à développer ces centres de ressources infrastructurelles partagés. L’objectif est d’aider les petites exploitantes à améliorer la rentabilité de leurs activités et les pérenniser.

Dans les zones urbaines, l’accent est mis de plus en plus sur les systèmes d’aquaponie et d’hydroponie, mais aussi sur l’agriculture verticale hors-sol, qui ont pour avantage de réduire les risques liés au sol et aux ravageurs, d’améliorer l’efficacité des ressources en eau et de produire des cultures à croissance rapide qui peuvent être récoltées toutes les deux semaines (pendant toute l’année), ce qui permet aux exploitants d’augmenter leurs liquidités. Bien que ces technologies soient présentées comme relevant de l’ « agriculture urbaine » et qu’elles soient considérées comme une piste pour attirer les jeunes dans le secteur de l’agriculture, elles peuvent aussi être utilisées dans les zones rurales. En outre, beaucoup conviennent particulièrement bien aux agricultrices.

Le concept d’agriculture commerciale et sa diffusion ne s’avéreront pleinement efficaces que si des interventions misent sur l’amélioration des infrastructures rurales. Songeons en particulier aux millions d’Africaines qui pratiquent essentiellement l’agriculture de subsistance – qui implique des activités pénibles – et qui pourraient ainsi développer une activité commerciale rentable offrant de réelles perspectives de croissance.

Cet article a été rédigé dans le cadre d’une initiative menée par le CTA visant à documenter et à partager les connaissances exploitables sur les approches agricoles efficaces pour l’agriculture des pays ACP. Il capitalise sur les connaissances, les enseignements et les expériences pratiques afin de documenter et d’orienter la mise en œuvre de projets axés sur l’agriculture pour le développement.

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