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Femmes et agribusiness : le pouvoir du networking

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Les plateformes qui aident les femmes entrepreneures à nouer des relations peuvent jouer un rôle essentiel en les aidant à développer leurs compétences professionnelles, à surmonter les obstacles de l’accès aux marchés et au financement, et à réaliser des économies d’échelle. Tisser des liens avec d’autres agripreneurs – et avec des contacts professionnels plus expérimentés – peut faire toute la différence en termes de réussite ou d’échec, expliquent des responsables de l’agribusiness des pays ACP.

Irene Ochem insiste sur l’importance qu’il y a pour les femmes à nouer des relations entre elles lorsqu’elles veulent lancer et développer une agro-entreprise.

« Pour moi, la réussite d’une agro-entreprise dépend essentiellement du réseautage et encore du réseautage », a-t-elle affirmé lors d’une pause de l’atelier 'Catalyser les connaissances pratiques pour rendre l’agriculture accessible aux femmes dans les pays ACP', organisé par le CTA. « Si vous bénéficiez d’une plateforme de networking, vous pouvez partager vos expériences et vos idées, et vous profitez d’opportunités de partenariat et de collaboration. »

L’Africa Women Innovation Forum (AWIEF), basé en Afrique du Sud, dont Irene Ochem est la fondatrice et CEO, réunit des entrepreneures de tout le continent. Ce forum organise des petits-déjeuners d’affaires mensuels, où les membres peuvent partager des idées, des défis et des suggestions. Ses conférence et exposition annuelles, qui ont eu lieu pour la première fois au Cap en novembre 2018, devraient devenir des événements réguliers, mettant en contact des décideurs politiques, des fournisseurs de service du secteur privé et bien sûr des entrepreneures. Pour les personnes vivant trop loin, l’AWIEF a récemment lancé Ongea, une communauté en ligne permettant de discuter malgré la distance.

« Les femmes habitant en zone rurale et dans des communautés défavorisées ressentent encore plus le besoin de faire partie d’un réseau et d’entrer en contact avec d’autres femmes d’affaires, afin de nouer des liens et d’être inspirées par ces exemples de réussite au féminin », a déclaré Mme Ochem.

Questions et réponses

La directrice exécutive de l’African Women Agribusiness Network (AWAN), Beatrice Gakuba, indique que la communauté AWAN a prouvé sa raison d’être à maintes reprises depuis sa création en 2003. Aujourd’hui, le réseau couvre 20 pays africains et aide les femmes actives dans l’agribusiness à tisser des liens entre elles et avec des experts qui peuvent aider à renforcer les compétences et connaissances des candidates entrepreneures dans des domaines allant du marketing au développement de produit, en passant par les exigences légales ou commerciales.

« Le networking est un instrument de partage d’informations très important, en particulier pour les agripreneures qui cherchent à atteindre des marchés nouveaux ou existants et essayent de connaître les exigences pour ce faire, tout en découvrant comment négocier et conclure des contrats avec les banques », indique-t-elle. « De nombreuses femmes ont besoin d’un réseau qui leur sert de facilitateur et de répertoire d’informations sur l’agriculture et les technologies agricoles, ainsi que sur tous les outils disponibles visant à favoriser l’essor de leur entreprise. »

Michael Sudarkasa, CEO de l’Africa Business Group, une entreprise africaine de développement économique basée en Afrique du Sud, est convaincu que discuter avec des pairs et avec des personnes jouissant d’une expertise professionnelle est essentiel pour la réussite.

« Les petits entrepreneurs – et dans ce cas les petites entrepreneures – sont souvent privés d’accès à l’écosystème qui aide les entreprises à réussir », explique M. Sudarkasa, qui est aussi le fondateur de la Global African Agribusiness Accelerator Platform (GAADP), un accélérateur d’agro-entreprises axé sur les jeunes, qui mène des programmes au Afrique du Sud, au Kenya, en Ouganda et en Zambie. « Les entrepreneures en milieu rural sont plus isolées, car la plupart des institutions fournissant des services clés liés aux marchés et à la finance sont basées dans les villes. C’est un défi. »

La distance n’est pas un problème

Les plateformes numériques peuvent aider à abolir la distance, et les médias sociaux se révèlent être des outils puissants pour connecter des agripreneures avec des objectifs ou des contraintes similaires. L’un des éléments clés du projet VALUE4HER récemment lancé par le CTA, qui vise à développer les connaissances, les compétences et les réseaux d’agripreneures, est un portail de renseignements sur l’agribusiness. L’AWAN utilise une série de plateformes virtuelles, dont Twitter, Facebook et WhatsApp, toutes populaires parmi les femmes qui doivent jongler entre leur entreprise et les tâches domestiques.

« Les femmes d’affaires n’ont pas beaucoup de temps, donc la plateforme WhatsApp, en particulier, s’est révélée très utile », explique Mme Gakuba. « Certaines l’utilisent aussi pour faire du commerce. La technologie a révolutionné la façon de faire des affaires. »

Plus d’un tiers des 84 agripreneurs actuellement connectés via le réseau GAADP sont des femmes. M. Sudarkasa tient à nous faire part du cas d’une nouvelle membre – une agripreneure avec un petit élevage de cochons en Afrique du Sud – qui a participé à un forum en Ouganda.

« Elle était impatiente de rencontrer d’autres jeunes éleveuses, en particulier parce qu’elle vit à 200 kilomètres de la ville la plus proche », raconte-t-il. « Elles ont désormais créé un groupe WhatsApp et, via ce réseau, elle a pu accéder à des informations, en partager et obtenir rapidement des réponses à ses questions. Ce groupe a vraiment donné un coup d’accélérateur à son entreprise. »

Cet article a été rédigé dans le cadre d’une initiative menée par le CTA visant à documenter et à partager les connaissances exploitables sur les approches agricoles efficaces pour l’agriculture des pays ACP. Il capitalise sur les connaissances, les enseignements et les expériences pratiques afin de documenter et d’orienter la mise en œuvre de projets axés sur l’agriculture pour le développement.

Favoriser l’accès des agripreneuses à la finance : tenir compte du contexte global

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L’accès au financement est essentiel au développement des agro-entreprises africaines dirigées par des femmes, il leur permet d’être actives dans des filières agricoles lucratives. Cependant, de nombreux programmes qui visent à faciliter leur inclusion économique échouent. Deux études de cas montrent que l’adoption d’une approche holistique augmente les chances de fournir aux agripreneuses les services financiers dont elles ont besoin.

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