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Des fonds de garantie libèrent des financements pour l’agripreneuriat en Afrique de l’Ouest

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Pour les cultivateurs de riz d’Afrique subsaharienne, la préparation à temps des champs et la récolte de cette céréale constituent un défi majeur. Un nouveau modèle d’entreprise porté par les jeunes offre des services de mécanisation aux agriculteurs afin de faciliter des activités telles que la préparation du sol et la récolte, ce qui les aide à renforcer leur production et par conséquent à améliorer leurs revenus.

Le modèle de Centres d’exploitation de services mécanisés (CEMA, Center for Agricultural Mechanized Services), lancé par la Fondation Syngenta pour une agriculture durable et d’autres partenaires en 2015, est actuellement déployé au Sénégal et au Mali. Un CEMA est une plateforme centralisée généralement créée au sein d’une organisation paysanne, qui propose une gamme de services agricoles aux petits exploitants – principalement ses membres – dont des machines, des infrastructures de stockage et un accès aux conseils, aux formations et au suivi, à travers des applications numériques.

Le concept est conçu pour profiter aux jeunes agripreneurs qui gèrent la plateforme, et des modèles de tarification détaillés sont établis avec les organisations paysannes. Les prix facturés aux agriculteurs s’élèvent environ à 27 500 XOF/hectare (42 €/ha) pour la préparation du sol, 180 000 XOF/ha (275 €/ha) pour la récolte (les frais réels sont payés en nature – 18 % de la récolte) et 2 000 XOF/sac (3 €/sac) pour le stockage du riz. Avec une couverture de 300 à 500 ha par saison, un CEMA peut normalement atteindre un retour sur investissement au bout de deux à trois ans.

Le CEMA est une entreprise indépendante, qui offre des services de mécanisation professionnels aux membres de l’organisation paysanne à laquelle il est associé et, si ses capacités le permettent, à d’autres producteurs. Puisque chaque CEMA est dirigé par des agriculteurs pour des agriculteurs, ils répondent parfaitement aux besoins des petits exploitants locaux.

Financer des investissements via des fonds de garantie

L’achat de machines adaptées peut nécessiter un investissement significatif, qui dépasse souvent la capacité financière des organisations paysannes. Donc, pour que ce modèle fonctionne, il est important d’établir un fonds de garantie auprès d’une banque agricole locale afin de financer les équipements et l’infrastructure. Étant donné le rôle important joué par les banques, celles-ci sont directement impliquées dans le processus de sélection des diverses organisations paysannes souhaitant fonder un CEMA.

Un solide modèle d’entreprise avec un marché garanti est tout aussi important. L’avantage de travailler avec des organisations paysannes est qu’elles ont déjà un marché garanti, via leurs membres. Il s’agit d’un élément essentiel, puisque les banques doivent avoir la certitude que les agriculteurs seront prêts à payer pour les services offerts.

Dans chaque cas, le partenariat entre la Fondation Syngenta et la banque agricole nationale aide à fournir un fonds de garantie pour amortir les risques. En outre, la fondation apporte au CEMA le soutien technique nécessaire à travers des formations et du coaching.

Le succès des deux projets pilotes menés au Mali et au Sénégal a déjà contribué à renforcer la confiance des banques et à les inciter à prêter à plusieurs autres organisations paysannes désirant mettre en place un CEMA. À ce jour, les deux organisations paysannes initialement impliquées dans les projets pilotes ont pu effectuer les remboursements annuels prévus des prêts octroyés pour l’achat de machines et d’équipement.

L’exemple du Sénégal

Au Sénégal, la Fondation Syngenta s’est associée à la Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (CNCAS). Le prêt pour les machines et l’équipement est contracté par l’organisation paysanne, tandis que le CEMA gère le matériel, conformément à des règles clairement établies.

Pour garantir que les différents fournisseurs soient payés rapidement pour leurs produits et services, un système efficace a été mis en place. Au début de chaque saison, les membres de l’organisation paysanne informent la banque de leurs besoins en produits et services – semences, engrais, irrigation, machines… Une fois que la banque a donné son approbation, les membres reçoivent des bons de commande, qui sont ensuite transmis aux différents fournisseurs de produits et de services. À chaque fois qu’un service ou produit est fourni, l’agriculteur donne le bon de commande au fournisseur – par exemple le CEMA.

Grâce à l’accélération de la récolte et de la préparation des champs, les riziculteurs ont découvert qu’ils peuvent effectuer une récolte supplémentaire. Le cultivateur de riz Alioune Diop, de Pont-Gendarme, au nord de Saint-Louis, au Sénégal, est parvenu à doubler sa production de riz depuis qu’il est devenu client du CEMA en 2015. M. Diop indique que, pour le prix qu’il paye pour ce système, il a pu améliorer grandement la qualité de sa production et ses rendements, ainsi que renforcer ses connaissances.

Cet article a été rédigé dans le cadre d’une initiative menée par le CTA visant à documenter et à partager les connaissances exploitables sur les approches agricoles efficaces pour l’agriculture des pays ACP. Il capitalise sur les connaissances, les enseignements et les expériences pratiques afin de documenter et d’orienter la mise en œuvre de projets axés sur l’agriculture pour le développement.

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