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Mentorat en cascade en faveur de l’agripreneuriat des jeunes en Afrique

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Un encadrement par des professionnels ou des pairs peut constituer un soutien précieux pour les jeunes entrepreneurs qui se lancent dans les affaires. Dans cet article, Blessing Mene (Nigeria) et Hermann Tossou (Bénin), tous deux 29 ans, expliquent comment ils ont bénéficié du mentorat et ont à leur tour encadré d’autres jeunes souhaitant monter une agroentreprise.

Blessing Mene

« Ma mission est d’aider les agriculteurs à améliorer leurs moyens de subsistance en augmentant leur productivité. Pendant mes études, j’ai fait partie d’un club universitaire dédié à l’entrepreneuriat, qui renforçait les compétences des étudiants. En tant que membre de ce club, j’ai lancé mes propres entreprises sur le campus, à l’aide de mon argent de poche. L’une d’entre elles impliquait de transformer des haricots en farine. Je me rendais sur le marché près de l’université, achetais des haricots, les nettoyais et les broyais, avant de conditionner la farine dans des petits paquets bon marché pour les étudiants et cantines. Je me suis aussi lancé dans la vente de différents appareils électroniques de seconde main. Ces entreprises m’ont permis de subvenir à mes besoins et d’en apprendre plus sur l’entrepreneuriat, de manière pratique, pendant que je terminais mes études.

Après avoir obtenu mon diplôme, j’ai lancé une entreprise sociale, UNFIRE. Elle produit des aliments pour bétail bon marché, fabriqués à partir de matières premières provenant de la communauté locale et vendus à des éleveurs. Je compte environ 100 clients réguliers. L’une des clés de mon succès a été ma participation à plusieurs programmes de mentorat, qui m’ont aidé à faire progresser mon entreprise. Il s’agissait notamment d’Ashoka et du Global Good Fund. Les compétences que j’ai ainsi acquises m’ont poussé à lancer la League of Extraordinary Young people (LEXY) dans le but d’encadrer et d’inspirer d’autres jeunes ayant envie d’entreprendre. Dans le cadre de LEXY, j’ai formé 20 jeunes à la collecte de fonds, à la planification d’entreprise et à la réflexion conceptuelle. Après avoir suivi le programme pendant deux ans, à peu près la moitié de ces jeunes entrepreneurs ont réussi à obtenir des financements pour lancer leur entreprise. Depuis, LEXY est devenue la Inspire Africa for Global Impacts Initiative, dont je suis le codirigeant. »

Hermann Tossou

« En 2013, j’ai travaillé pour une organisation de la société civile au sud du Bénin qui proposait un programme de mentorat pour les agroentreprises rurales. Il s’adressait aux entrepreneurs ruraux, y compris les jeunes, et les formait grâce à une boîte à outils « entrepreneuriat ». Celle-ci avait pour but d’aider les jeunes à fonder des agroentreprises durables. Elle proposait principalement des formations individuelles en matière de marketing, de transformation et de conditionnement, ainsi que de gestion. Notre approche n’a pas toujours fonctionné ! Tout d’abord, la majorité des participants n’ont pas achevé la formation, en raison de contraintes de temps. D’autres, en particulier les plus jeunes, ont décroché parce qu’ils étaient convaincus qu’ils allaient devenir riches en un rien de temps et fonder de grandes entreprises. Cela était principalement dû aux types de success stories qui étaient présentées. Le programme d’entrepreneuriat a finalement été interrompu.

J’ai alors rejoint une autre organisation et, sur la base de mes précédentes expériences, j’ai aidé à concevoir une nouvelle boîte à outils « entrepreneuriat ». Pour ce programme, nous avons créé des groupes de jeunes possédant des entreprises semblables et présentant les mêmes lacunes en termes de compétences. Le programme de mentorat sur six mois a ensuite été adapté pour répondre aux besoins des membres des groupes. Le jeune impliqué depuis le plus longtemps dans le monde des affaires était désigné comme chef du groupe. Ces chefs étaient formés à gérer et diriger les groupes, afin de devenir des mentors informels au sein de leur groupe, qui se réunissait toutes les deux semaines. De cette manière, les chefs étaient eux-mêmes formés, avant d’encadrer leurs pairs. Au total, trois groupes ont été créés sur une base volontaire. La seule condition était que les membres forment ensuite, de manière informelle, d’autres personnes de leur communauté, durant leur temps libre. Nous avons ainsi obtenu une forme de mentorat en cascade. Un an plus tard, à la fin de la période de mentorat des groupes, environ 65 % des membres possédaient des entreprises durables prospères. »

Mariam Kadzamira

« A la suite de mes expériences dans le secteur agricole et dans le mentorat en Afrique, je suis désormais convaincue que des efforts délibérés sont nécessaires pour inclure les femmes dans tout type de processus de mentorat entrepreneurial. Sans ces efforts, les femmes – qui sont le moteur du secteur agricole sur le continent – risqueraient d’être laissées pour compte. »

Enseignements tirés

Nos expériences nous ont appris que le mentorat de pair à pair est essentiel pour créer un groupe de jeunes entrepreneurs durables et viables, car « nous leur enseignons ce que nous voulons apprendre ». Dans les deux cas, le mentorat en cascade a été essentiel pour assurer un apprentissage continu entre pairs, avec différents niveaux de réussite entrepreneuriale.

Grâce au mentorat en club/groupe, les futurs entrepreneurs se sont encouragés mutuellement et ont appris les uns des autres, sur la base de leurs réussites et échecs.

À l’avenir, il est important que les modèles présentés couvrent tous les types de réussite : des réussites importantes et rapides, mais aussi des petites entreprises qui se développent progressivement. Nous sommes convaincus que cela aura un impact bien plus important sur davantage de jeunes – en particulier en milieu rural, où beaucoup sont confrontés à des défis qui semblent insurmontables.

Enfin, un programme de monitorat entrepreneurial devrait incorporer des techniques visant à économiser du temps, comme l’organisation de formations collectives et l’utilisation des technologies de l'information et de la communication et plateformes mobiles.

Cet article a été rédigé dans le cadre d’une initiative menée par le CTA visant à documenter et à partager les connaissances exploitables sur les approches agricoles efficaces pour l’agriculture des pays ACP. Il capitalise sur les connaissances, les enseignements et les expériences pratiques afin de documenter et d’orienter la mise en œuvre de projets axés sur l’agriculture pour le développement.

Tître

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