Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) confirme sa fermeture pour la fin 2020.
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Transformer l’agriculture à petite échelle grâce aux systèmes de données agricoles

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Au cours des trois dernières années, la numérisation de l'agriculture a été au cœur des interventions du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA). En témoigne « Data4Ag : Agricultural data systems to transform smallholder farming », un projet d’une durée de trois ans cofinancé par l'Organisation panafricaine des agriculteurs (PAFO) et AgriCord à hauteur de 1,2 million d’euros. Il vise la transformation de l’agriculture à petite échelle en encourageant la gestion et l’utilisation de données par les entreprises agroalimentaires.

Le CTA met en œuvre le projet Data4Ag en coopération avec une série de partenaires de huit pays – Burkina Faso, Fidji, Kenya, Lesotho, Samoa, Swaziland, Trinité-et-Tobago et Ouganda. Les partenaires du CTA pour ce projet sont la Confédération des syndicats agricoles d'Afrique australe (SACAU), la Fédération des agriculteurs de l'Afrique de l'Est (EAFF), IGARA Tea, l'Union nationale des agro-entreprises actives dans le café (NUCAFE) et Agriterra.

« Notre projet vise à faciliter et à améliorer la gestion des données dans les coopératives d'agriculteurs, les associations agricoles et les organisations paysannes, tout en soutenant leur développement. Il s’emploie à transformer l'agriculture au bénéfice des petits exploitants par le biais de joint-ventures permettant l’accès à de nouveaux marchés et des données agrégées, qui améliorent les services offerts aux agriculteurs membres », explique Chris Addison, coordinateur senior du programme Data4Ag au CTA.

Améliorer les services offerts aux petits exploitants agricoles

Le profilage des agriculteurs est l'un des volets clés du projet. Ce processus a inclus plusieurs étapes. Dans un premier temps, une série de séances de sensibilisation a été menée par le biais de campagnes publiques et radiodiffusées afin d’expliquer aux agriculteurs pourquoi leurs données étaient recueillies et d’obtenir leur accord quant à l’utilisation de leurs données. Deuxièmement, en collaboration avec la SACAU, le CTA a soutenu la formation d’agents recenseurs chargés de recueillir des informations sur le profil des petits exploitants agricoles par le biais d'entretiens. Cette activité concernait le Lesotho, le Swaziland et l’Ouganda. Des réunions organisées sur le terrain, dans les communautés, ont par ailleurs permis aux agents recenseurs de recueillir des données de profilage et de géolocalisation à l'aide de tablettes et de téléphones portables. Toute une série d’informations et de données a ainsi pu être recueillie : données personnelles des agriculteurs, situation géographique, cultures, production, informations financières et commerciales. Une fois recueillies, les données sont transférées sur la plateforme numérique développée par les organisations paysannes. Le CTA a également soutenu le renforcement des capacités des organisations paysannes dans le domaine de l’analyse et la visualisation des données.

Les organisations paysannes, grâce à la base de données des profils et à la formation à la gestion des données, sont désormais en mesure de cartographier la localisation de leurs membres. C’est le point de départ de l’amélioration de la gestion des données et des services proposés aux agriculteurs membres. « Grâce à notre expérience dans le domaine du profilage des agriculteurs, nous avons pu cartographier les points de collecte des feuilles de thé et la localisation de nos agriculteurs. Nous allons donc utiliser les données recueillies pour regrouper judicieusement les agriculteurs autour de ces centres de collecte afin de faciliter la gestion de nos membres. En outre, nous allons également créer de nouvelles unités administratives. A cette fin, nous utiliserons les données pour délimiter ces unités et déterminer le nombre d’agriculteurs. Nous examinerons ensuite comment regrouper ces derniers en unités administratives », explique Onesimus Matsiko, directeur général d’Igara Growers Tea Factory (IGTF) Ltd, une société ougandaise détenue par plus de 3 600 petits exploitants agricoles.

La collecte d'informations améliore la gestion des membres de l'IGTF et elle peut également être utilisée pour faciliter la gestion des prêts pour intrants octroyés aux agriculteurs, organiser le traitement logistique de la collecte des récoltes et améliorer la commercialisation des produits. Grâce à ce projet, les organisations paysannes et les entreprises agroalimentaires ont également pu utiliser les données de géolocalisation et de profilage des cultures et des agriculteurs pour offrir à ces derniers des services ciblés et à forte valeur ajoutée. L’offre de services géo-ciblés et la traçabilité accrue devraient améliorer l'accès au marché des petits exploitants agricoles ainsi que leurs revenus.

Développer et étendre les services aux agriculteurs fondés sur les données

Depuis 2016, le CTA organise une série d'ateliers en vue de la consultation avec les organisations paysannes. Le CTA, en coopérant avec des partenaires comme la PAFO, l'Organisation mondiale des agriculteurs et AgriCord, peut espérer pouvoir promouvoir et encourager une meilleure utilisation des données en Afrique, les Caraïbes et le  Pacifique. Les principales conclusions de ces consultations serviront également de base à la préparation d’un manuel destiné à faciliter la numérisation des organisations paysannes intéressées par les services fondés sur des données. Ces conclusions alimenteront également une feuille de route prioritaire que les organisations paysannes pourront présenter aux bailleurs et aux gouvernements en vue d’un soutien.

Perspectives politiques

Le projet Data4Ag utilise actuellement les liens et contacts établis dans le cadre de son travail avec l’Initiative mondiale des données pour l’agriculture et la nutrition (GODAN) pour atteindre et convaincre les décideurs politiques. Les organisations paysannes, grâce aux données de profilage en leur possession, devraient jouer un rôle primordial à ce niveau, par le biais d’activités de plaidoyer, de contrôle et de défense d’intérêts particuliers. Le CTA, en coopération avec le ministère néerlandais des Affaires économiques, l'Université de Nairobi et d'autres acteurs, s’emploie par ailleurs à influencer les processus politiques et à améliorer ainsi l’enregistrement des agriculteurs et la gestion des données par les organisations paysannes.         

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